« Nos futurs » : le 61ᵉ Festival Confrontation s’ouvre à Perpignan

« Nos futurs » : le 61ᵉ Festival Confrontation s’ouvre à Perpignan

05 mai 2026
Cinéma
Affiche du Festival Confrontation 2026
Affiche du Festival Confrontation 2026 Festival Confrontation

Du 6 au 10 mai 2026, l'Institut Jean Vigo de Perpignan accueille des cinéphiles de tout âge pour des rencontres, projections, masterclass, ciné-concert, et séances en plein air ou en VR autour de la science-fiction et des visions futuristes.


« Interroger le monde à travers le cinéma » : voilà l'ambition de Confrontation, un festival fondé à Perpignan par Marcel Oms, critique et historien du cinéma. Cet événement change chaque année de thématique : après « Cinéma animal » en 2025, ses organisateurs proposent en 2026 au public des films en lien avec « Nos futurs ».

Avec le soutien du CNC, de la Cinémathèque Suisse et de la Cinémathèque de Toulouse, les organisateurs projetteront en tout une cinquantaine de films, dont plusieurs copies en 35 mm. On y retrouve des trésors du cinéma, allant d'oeuvres très populaires (Terminator de James Cameron, Alphaville de Jean-Luc Godard, L'Armée des 12 singes de Terry Gilliam...) à des pépites rarement proposées au public (L'Inconnu de Shandigor de Jean-Louis Roy, Kin-Dza-Dza ! de Gueorgui Danielia...). La sélection s'avère particulièrement éclectique, avec des films de toutes les périodes et zones géographiques, qui représentent plusieurs sous-genres de la science-fiction.

Utopies, uchronies, dystopies... et comédies

L’édition 2026 multipliera les visions du futur, qu'elles soient très sombres, de Soleil Vert (Richard Fleischer, 1973) à Malevil (Christian de Chalonge, 1981) en passant par Les Fils de l'homme (Alfonso Cuarón, 2006) et Ghost in the Shell (Mamoru Oshii, 1997), ou qu'elles choisissent de faire rire le public pour mieux désamorcer les angoisses liées à l’avenir. Les organisateurs ont aussi initié une sélection spéciale « Peut-on en rire ? », composée de The Second Civil War (Joe Dante, 1997), Idiocracy (Mike Judge, 2006), The Stepford Wives (Frank Oz, 2004) et C.S.A : The Confederate States of America (Kevin Willmott, 2006).

La soirée d'inauguration se tiendra le jeudi 7 mai dès 19h en plein air : rendez-vous dans la Cour de l'Arsenal pour la projection de La Jetée et de 2084, deux classiques du genre signés Chris Marker, sortis respectivement en 1962 et 1984. Une démonstration en VR promet de plonger les spectateurs dans les décors du Dune d'Alejandro Jodorowsky, puis viendra la diffusion de 2001 : l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick (1968) au sein de l'Église des Carmes.

Deux autres séances en plein air sont prévues : l'historien du cinéma Jean-Loup Bourget présentera Métropolis de Rintaro (2001) au public (ainsi que l'oeuvre éponyme de Fritz Lang, mais dans la salle couverte éphémère) ; puis Franck Lubet, programmateur de la Cinémathèque de Toulouse, parlera d'Aelita de Yakov Protazanov (1924) au public. Il s'agira d'un ciné-concert, mis en musique par Ublot.

Les organisateurs de Confrontation misent aussi sur le jeune public et les séances familiales : lors de la conférence de presse annonçant la programmation, la présidente de l'Institut Jean Vigo, Chantal Marchon, a souligné la volonté de l'équipe de réunir des spectateurs de tout âge. « Il faut qu'on ait des jeunes concernés par le cinéma », a-t-elle insisté en annonçant la programmation du Voyage dans la Lune (Georges Méliès, 1902) - accompagné du spectacle Fantasmagories - ; d'Une grande excursion, première aventure de Wallace et Gromit dévoilée en 1989 par Aardman Animations ; de Mon ami robot (Pablo Berger, 2023) ; et du Robot sauvage (Chris Sanders, 2024).

Manon Billaut, la directrice de l'Institut Jean Vigo, explique de son côté qu'« entre mémoire et futur, lanterne magique et jeu vidéo, films des premiers temps et projets en construction, la 61ᵉ édition relie passé et avenir. Les plus jeunes deviennent les spectateurs de demain, et chacun peut réinventer sa façon de vivre le festival. »

Croisières sidérales
Croisières sidérales Alliance Cinématographique Européenne / DR

Rencontres cinéphiles

Au cours des cinq jours de manifestation, la majorité des séances seront présentées par des professionnels du cinéma. Toutes les rencontres sont détaillées dans le programme complet en bas de l'article, dont voici quelques temps forts :

- Laurent Sarfati, le scénariste de Mars Express (2023), animera une masterclass autour de la création de personnages d'animation, et racontera la fabrication du long métrage de Jérémie Perrin.

- Les voix françaises de Marge et Homer Simpson, Véronique Augereau et Philippe Peythieu, reviendront en détails sur leur parcours et les spécificités du métier de comédien de doublage.

- Béatrice de Pastre, la directrice des collections et directrice adjointe du patrimoine du CNC, interviendra le 8 mai pour présenter Croisières sidérales (André Zwobada, 1941). Il s'agit du seul film de science-fiction à avoir été tourné en France durant l'Occupation, et c'est aussi l'un des rares du genre à avoir pour héroïne une femme scientifique.

- Bruno Samper, le co-créateur de Vesper Chronicles, viendra discuter de la science-fiction à la française.

- L'auteur de La Chambre d'Orwell, Jean-Pierre Perrin, profitera de l'événement pour effectuer une lecture d'extraits de son roman avant d’inaugurer la séance de 1984, le film de Michael Radford porté par John Hurt.

- Myriam Tsikounas, historienne et professeur à l'université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, analysera le premier film parlant d'Abel Gance, La Fin du monde (1931).

- David Roche, professeur d'études cinématographiques à Montpellier, proposera une masterclass après avoir présenté eXistenZ (David Cronenberg, 1999) et Ready Player One (Steven Spielberg, 2018) au public.

S'il existe plusieurs formules d’abonnement pour couvrir l'ensemble des événements proposés par le festival, la soirée de clôture sera gratuite : No(s) future(s) vacances y sera projeté en ciné-concert le dimanche 10 mai à 20h, à la salle éphémère. Il s'agit d'un documentaire conçu à partir de films amateurs réalisés de l'après-guerre à aujourd'hui. Toutes ces archives proviennent de l'Institut Jean Vigo et ont été mises en musique par L'Issue Animale, un duo « mêlant jazz-punk et poésie ». Cette projection marquera au passage le lancement de la tournée de No(s) future(s) vacances dans toute l'Occitanie, via le réseau La Cinémathèque du Documentaire.