Pourquoi avoir reconduit LaCinetek Film Festival ?
Pascale Ferran : Ce festival a été une grande réussite en 2025. Même si nous sommes un site de VOD, conçu par des cinéastes, pour permettre une offre légale de grands films que l’on ne trouvait pas ailleurs à notre lancement. Nous sommes incroyablement attachés au grand écran. S'apercevoir que le festival permettait d'incarner la marque et de réunir cinéastes, équipes de LaCinetek et spectateurs au même endroit a été particulièrement enthousiasmant. Très vite, nous avons eu envie de réitérer l'expérience.
Cela permet de faire connaître LaCinetek sous un autre jour. Pour le public, c’est l'occasion de prolonger la découverte d'un film vu pendant le festival en explorant, sur le site, d'autres œuvres du même réalisateur ou les films coup de cœur du cinéaste qui le leur a présenté.
Pourquoi avoir choisi Le Méliès de Montreuil ?
C'était naturel pour nous d’aller au Méliès. C'est une salle exceptionnelle, avec un public diversifié, et qui fonctionne extrêmement bien. Par ailleurs, c'est l’une des meilleures salles d'Île-de-France en termes de conditions de projection. Nous, les cinéastes de l'association, avons par ailleurs des liens amicaux de longue date avec Stéphane Goudet [le directeur du cinéma, ndlr], ainsi qu’ avec d'autres membres de l'équipe du Méliès.
Nous avons un ADN commun : l'amour de tous les cinémas. Nous ne faisons pas de hiérarchie de genre, ni de typologie de film. Il y a des grands films dans tous les genres ! Le Méliès a aussi un public assez jeune et la nouvelle génération a un vrai goût pour la découverte.

Comment a été pensée la programmation de cette année ?
Nous ne cherchons pas une programmation unifiée autour d'un thème. Au contraire : proposer une très grande diversité de films, d’époques, de pays et de générations. Nous avons réuni des profils de cinéastes très variés pour présenter les films : Ugo Bienvenu, Robin Campillo, Gilles Lellouche, Agnès Jaoui et Anne Alvaro. L'association qui porte LaCinetek s’appelle la Cinémathèque des Cinéastes et regroupe de nombreux cinéastes partageant un amour absolu des films des autres, avec l’envie de partager cet amour avec des spectateurs. Le principe de la plateforme, c’est de ne passer par aucun algorithme mais seulement de la recommandation humaine. D'une certaine façon, le festival est un prolongement de cela.
Y aura-t-il des exclusivités, non disponibles sur la plateforme, pendant le festival ?
La majorité des films sont présents sur le site. Il y a des exceptions car nous composons notre programmation en fonction de nos envies. Par exemple, Monsieur Smith au Sénat (1939) de Frank Capra, qui est notre séance d'ouverture, n'est pas disponible en ce moment. L'année dernière, The Host (2006) de Bong Joon-ho ne l’était pas non plus lors de sa projection, mais l'a été juste après.
Quel lien entretient-on avec la salle de cinéma après avoir cofondé une plateforme de vidéo à la demande ?
Les usages sont extrêmement variés. Ils se complètent sans s'abîmer et ils se renforcent. Personnellement, je vais autant au cinéma qu'avant, que je regarde des films sur LaCinetek, à la télévision ou sur un DVD. Nous sommes convaincus que l'important, c'est que les films et l'amour du cinéma se transmettent, notamment par le travail remarquable de ressorties de films que font certains ayants droit. Si des personnes ont découvert un film d'un cinéaste qu'ils aiment mais ne connaissent pas bien, ils auront envie d'aller le voir s'il y a une ressortie du film en salle. Et inversement. Il n'y a pas de conflit de territoire : nous nous renforçons tous mutuellement.