Tout savoir sur la Semaine de la Critique

Tout savoir sur la Semaine de la Critique

05 juillet 2021
Cinéma
Affiche de la Semaine de la Critique 2021
Semaine de la critique 2021
Née en 1962, cette section parallèle du festival de Cannes met en avant les premiers et deuxièmes films. Coup de projecteur sur son histoire et son édition 2021.

Comment est-elle née ?

L’histoire de la Semaine de la Critique débute en 1961. Cette année-là, le festival de Cannes organise une projection de Connection, le sulfureux vrai-faux documentaire de l’Américaine Shirley Clarke centré sur un jeune réalisateur tournant un film avec des musiciens de jazz qui attendent leurs dealers. Censuré un temps aux Etats-Unis pour « vulgarité » et « indécence », la présence de ce film indépendant et fauché surprend et détonne dans une manifestation alors bien plus policée et qui fait avant tout la part belle aux grosses productions. Et pourtant, Connection crée l’événement en faisant salle comble. Ce succès ne va pas rester lettre morte. Dès l’année suivante, le délégué général du festival Robert Favre Le Bret veut amplifier la place du cinéma indépendant d’auteur à Cannes et demande à l’Association Française de la Critique d’organiser une programmation spéciale pour sa salle Jean Cocteau pendant 7 jours. Une programmation que Nelly Kaplan - qui fut journaliste avant de passer à la réalisation en 1969 avec La Fiancée du Pirate – propose alors de fort logiquement la baptiser Semaine de la Critique. Le nom restera.

En 58 ans, la manifestation a évidemment évolué (introduction de courts métrages dans la sélection…) et déménagé sur la Croisette (les projections ont désormais lieu à l’Espace Miramar) mais elle est restée fidèle à l’esprit et la ligne qui ont prévalu à sa création : explorer la jeune création cinématographique du monde entier en ne sélectionnant que des premiers et deuxièmes longs métrages. Et les noms des cinéastes qui ont pris leur envol en son sein forment un générique d’exception : Denys Arcand, Jacques Audiard, Bernardo Bertolucci, Leos Carax, Guillermo Del Toro, Arnaud Desplechin, Jean Eustache, Philippe Garrel, Romain Goupil, Benoît Jacquot, Wong Kar Wai, Ken Loach, François Ozon, Barbet Schroeder… et le Président du Jury 2019 Alejandro González Iñárritu (qui y avait présenté Amours chiennes) en tête.

Qui choisit les films projetés ?

C’est un comité de sélection, dont les membres, tous journalistes ou critiques, ne peuvent faire plus de deux mandats consécutifs pour favoriser la variété des goûts. Il est placé sous la direction du Délégué Général de la Semaine de la Critique, poste occupé depuis 2012 par Charles Tesson, ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma. Ils ont visionné cette année 1050 longs métrages pour n’en retenir que 16. 
Ava Cahen, chroniqueuse à la télévision pour « Le Cercle » sur Canal+ depuis 2014 et à la radio sur France Inter dans « Une heure en séries » depuis 2019, a été élue Déléguée de la Semaine de la Critique générale le 16 juin dernier. Son mandat sera effectif dès le 1er août 2021. 

Les tendances de la sélection 2021

Affiche de l'édition 2021 de la Semaine de la Critique DR

Organisée du 7 au 15 juillet et présidée par le cinéaste roumain Cristian Mungiu, la Semaine de la Critique s’ouvrira avec la projection du film Robuste de Constance Meyer. Mettant en scène Gérard Depardieu en acteur handicapé vieillissant et Deborah Lukumuena (Divines) en championne de lutte chargée de sa sécurité, ce premier long-métrage abordera le sujet du corps, dans toute sa poésie et sa brutalité. Cette 60e édition sera également marquée par la présentation du premier film de Sandrine Kiberlain, déjà présente cinq ans plus tôt pour son court-métrage Bonne Figure. Avec Une jeune fille qui va bien, la réalisatrice dresse le portrait d’une jeune fille juive explorant ses passions amoureuses et théâtrales sous l’Occupation. Au total, 11 premiers films composent cette sélection : Bruno Reidal de Vincent Le Port, drame historique faisant écho au Juge et l’assassin de Tavernier, ou encore Amparo de Simon Mesa Soto, l’histoire du combat d’une mère pour récupérer son fils des griffes de l’armée colombienne. La Semaine de la Critique mettra également 10 courts métrages à l’honneur, du néo film noir au teen movie horrifique.