Tout savoir sur la Semaine de la Critique

Tout savoir sur la Semaine de la Critique

16 mai 2019
Cinéma
Affiche de la Semaine de la Critique 2019
Semaine de la critique 2019 DR - Semaine de la Critique
Née en 1962, cette section parallèle du festival de Cannes met en avant les premiers et deuxièmes films et a notamment révélé Alejandro González Iñárritu, le président du jury 2019. Coup de projecteur sur son histoire et son édition 2019.

Comment est-elle née ?

L’histoire de la Semaine de la Critique débute en 1961. Cette année-là, le festival de Cannes organise une projection de Connection, le sulfureux vrai-faux documentaire de l’Américaine Shirley Clarke centré sur un jeune réalisateur tournant un film avec des musiciens de jazz qui attendent leurs dealers. Censuré un temps aux Etats-Unis pour « vulgarité » et « indécence », la présence de ce film indépendant et fauché surprend et détonne dans une manifestation alors bien plus policée et qui fait avant tout la part belle aux grosses productions. Et pourtant, Connection crée l’événement en faisant salle comble. Ce succès ne va pas rester lettre morte. Dès l’année suivante, le délégué général du festival Robert Favre Le Bret veut amplifier la place du cinéma indépendant d’auteur à Cannes et demande à l’Association Française de la Critique d’organiser une programmation spéciale pour sa salle Jean Cocteau pendant 7 jours. Une programmation que Nelly Kaplan - qui fut journaliste avant de passer à la réalisation en 1969 avec La Fiancée du Pirate – propose alors de fort logiquement la baptiser Semaine de la Critique. Le nom restera.

En 58 ans, la manifestation a évidemment évolué (introduction de courts métrages dans la sélection…) et déménagé sur la Croisette (les projections ont désormais lieu à l’Espace Miramar) mais elle est restée fidèle à l’esprit et la ligne qui ont prévalu à sa création : explorer la jeune création cinématographique du monde entier en ne sélectionnant que des premiers et deuxièmes longs métrages. Et les noms des cinéastes qui ont pris leur envol en son sein forment un générique d’exception : Denys Arcand, Jacques Audiard, Bernardo Bertolucci, Leos Carax, Guillermo Del Toro, Arnaud Desplechin, Jean Eustache, Philippe Garrel, Romain Goupil, Benoît Jacquot, Wong Kar Wai, Ken Loach, François Ozon, Barbet Schroeder… et le Président du Jury 2019 Alejandro González Iñárritu (qui y avait présenté Amours chiennes) en tête.

Qui choisit les films projetés ?

C’est un comité de sélection, dont les membres, tous journalistes ou critiques, ne peuvent faire plus de deux mandats consécutifs pour favoriser la variété des goûts. Il est placé sous la direction du Délégué Général de la Semaine de la Critique, poste occupé depuis 2012 par Charles Tesson, ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma. Ils ont visionné cette année 1050 longs métrages pour n’en retenir que 16.

Les tendances de la sélection 2019

Après une édition 2018 largement récompensée aux César (Shéhérazade, Guy…) et qui avait fait la part belle au cinéma européen, la Semaine de la Critique 2019 se fait plus internationale que jamais. Grâce à elle, on voyagera au Maghreb avec une nouvelle génération formée à l’école du court métrage, en Chine, en Islande, en France bien sûr mais aussi dans certains pays à la cinématographie généralement peu mise en avant dans les grands festivals comme le Costa Rica et le Guatemala. Et la diversité, maître mot de cette sélection 2019, se retrouve aussi dans le genre et la forme des films présentés où figure un long métrage d’animation, J’ai perdu mon corps, dont le réalisateur Jérémy Clapin, avait présenté son court Skhizein à la Semaine de la Critique 2008.