La Queer Palm fête sa onzième édition cannoise

La Queer Palm fête sa onzième édition cannoise

15 juillet 2021
Cinéma
120 battements par minute de Robin Campillo
120 battements par minute de Robin Campillo Céline Nieszawer
Créée en 2010, cette palme récompense les films présentés au Festival de Cannes qui abordent des thématiques LGBT+. Petite histoire d’une révolution.

Tout commence avec Kaboom, film érotique et apocalyptique qui précipite un groupe de très jolis étudiants américains dans une course poursuite infernale. Un film pop surtout, dynamitant les codes habituels du divertissement à coups de couleurs pétaradantes, de drogues euphorisantes et d’amitiés charnelles... Le long métrage de Gregg Araki fut la première œuvre auréolée d’une Queer Palm à Cannes en 2010. Une révolution dans l’histoire des représentations, du cinéma et du festival.

A la Berlinale, les Teddy Awards récompensent des fictions, des documentaires et des courts métrages évoquant l’homosexualité depuis 1987. Il a fallu attendre 2010 pour que Franck Finance-Madureira, journaliste de formation et chargé de communication, réussisse à lancer la Queer Palm à Cannes. Cette récompense d’un nouveau genre honore donc les films qui œuvrent pour la visibilité au cinéma de la communauté LGBT. Un prix cinématographique donc, mais à la valeur politique indéniable, au sein de l’un des plus importants festivals de cinéma du monde. En piochant dans les différentes sections du festival, de la sélection officielle à l’ACID, en passant par la Semaine de la critique, la Quinzaine des réalisateurs et Un certain regard, la Queer Palm choisit chaque année une dizaine de films présentés à Cannes qui abordent des thématiques telles que l’homosexualité, la bisexualité ou encore la représentation des personnes transgenres et intersexes. Une manière symbolique de reconnaître l’importance du cinéma gay et lesbien tout en lui permettant d'avoir une visibilité plus importante.

Le cinéma LGBT a désormais sa place au Festival de Cannes. En onze ans, la Queer Palm a notamment été décernée à Laurence Anyways de Xavier Dolan, L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie ou encore Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. Les films récompensés sont souvent des romances et racontent des quêtes identitaires à travers la représentation sexuelle. Il arrive auussi qu’ils s’inscrivent dans une démarche plus activiste, en témoignent Pride de Matthew Warchus et 120 battements par minute de Robin Campillo, les Palmes queer de 2014 et 2017. Le premier revient sur un défilé LGBT au Royaume-Uni sous l’ère Thatcher alors que le second raconte la naissance en France de l’association militante Act Up au début des années 1990.

Cette année, les films sélectionnés sont aussi différents que le Benedetta de Paul Verhoeven, qui raconte les élans mystiques et les pulsions sexuelles d’une nonne du XVIIème siècle ou Les Olympiades de Jacques Audiard, co-scénarisé par Céline Sciamma, qui observe les relations d’un triangle amoureux à dans le XIIIème arrondissement de Paris. Pour départager ces œuvres, le Président du jury de cette nouvelle édition sera Nicolas Maury. Révélé dans Les Rencontres d’après minuit de Yann Gonzalez et dans la série à succès Dix pour cent pour son rôle d’agent de stars homosexuel, l’acteur est récemment passé derrière la caméra avec Garçon chiffon, récit d’apprentissage teinté d’autobiographie qui déroule la vie d’un aspirant comédien gay. Dans son jury, on retrouve parmi d’autres Roxanne Mesquida actrice dans un certain… Kaboom, de Gregg Araki. On ne pouvait rêver mieux pour boucler la boucle.