5 expériences à découvrir au VR Arles Festival

5 expériences à découvrir au VR Arles Festival

08 juillet 2019
Création numérique
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VR Arles
VR Arles DR
Organisée du 1er juillet au 25 août 2019, l’édition 2019 du VR Arles Festival fera découvrir une sélection d’œuvres immersives en VR. Alors que le jury présidé par Charlotte Rampling a rendu son verdict ce jeudi 4 juillet, retour sur 5 créations présentées tout l’été au couvent Saint Césaire.

Gloomy Eyes

Produit par les Argentins de 3dar, accompagnés des Français d’Atlas V et d’Arte France, ce film réalisé par Jorge Tereso et Fernando Maldonado suit un enfant mi-humain, mi-zombie. Son nom : Gloomy. Vivant à l’écart dans la forêt, il est né suite aux expériences d’un prêtre fou qui est également responsable de la nuit perpétuelle dans laquelle est plongée Woodland City depuis une dizaine d’années. Dans une ambiance très sombre et gothique, ce film narré par l’acteur américain Colin Farrell, explore notamment les difficultés à trouver sa place dans une communauté lorsqu’on est à part. L’émotion qu’elle diffuse et sa réalisation magnifique lui ont permis de remporter le Cristal de la meilleure œuvre VR au Festival du film d’animation d’Annecy 2019, le Prix du jury au South by Southwest ou encore le Masque d’or au NewImages 2019.

Travelling While Black

Ce documentaire canadien, réalisé par Roger Ross Williams (oscarisé en 2010 pour son court métrage documentaire Music by Prudence), Ayesha Nadarajah, Felix Lajeunesse et Paul Raphael, immerge le spectateur au cœur de la ségrégation raciale. Cette expérience le propulse ainsi dans les Etats-Unis des années 1950 et 1960, époque marquée par des lois racistes, en se focalisant sur la manière dont les personnes de couleur pouvaient voyager à l’époque : sièges réservés dans le fond du bus public, interdiction de s’installer ailleurs que dans le dernier wagon d’un train ou d’utiliser certaines salles de bain…  Pour les aider à voyager, un Green Book, livre publié en 1936 qui répertoriait les endroits dans lesquels elles seraient en sécurité. Travelling While Black fait revivre en immersion cette sombre période de l’Histoire.

Accused #2 : Walter Sisulu

Autre pays, autre période de l’Histoire, mais même contexte de ségrégation raciale. Accused #2 : Walter Sisulu revient sur le procès de Rivonia (1963-1964) pendant lequel dix militants contre l’apartheid ont été jugés pour « sabotage, trahison et complot ». Si Nelson Mandela est le plus célèbre d’entre eux, Nicolas Champeaux et Gilles Porte, les réalisateurs de ce film réalisé en animation à partir d’archives sonores des audiences, ont souhaité évoquer l’accusé numéro 2. « Walter Sisulu était quelqu’un d’important mais de méconnu. En dehors de l’Afrique du Sud, personne ne le connaissait. (…) C’est lui qui recruta et forma Nelson Mandela, qui l’accompagna tout au long de sa vie, qui développa l’ANC à ce moment-là. Dans ce procès, c’est l’accusé numéro 2, mais il a été le premier à être mis en accusation par le procureur. D’une certaine manière, il incarne tous les autres accusés », a expliqué Jérémy Pouilloux, le coproducteur du film, au CNC. De ces archives est également né un film, Le Procès contre Mandela et les autres.

7 alchimies en réalité virtuelle

Exposé récemment au Palais de Tokyo, dans le premier espace permanent consacré à la réalité virtuelle, 7 alchimies en réalité virtuelle est une belle entrée en matière pour découvrir l’univers de Julio Le Parc, l’un des pionniers en France de l’art cinétique. L’expérience complète une série de peintures réalisées avec 14 teintes seulement, utilisées par l’artiste depuis 1959. « En se limitant à ce « système unitaire », l’artiste réduit au maximum l’expression de sa subjectivité sur la toile pour donner la part belle à celui qui la regarde », souligne Le Palais de Tokyo dans sa description de l’œuvre. L’histoire de cet artiste, membre fondateur en 1960 du G.R.A.V (Groupe de Recherche d’Art Visuel), est aussi atypique que son art. Né en Argentine, il a milité contre les dictatures en Amérique latine, pour les droits de l’Homme et s’est également engagé en France, en mai 1968. Un engagement qui lui vaudra d’ailleurs une expulsion.

Eve, la danse est un espace sans lieu

Ou quand la danse se conjugue à la réalité virtuelle. Cette performance est « un spectacle de danse participative » utilisant « la réalité virtuelle incarnée ». Trois danseuses se produisent sur scène sur une chorégraphie de Margherita Bergamo. Chaque artiste est au cœur d’une expérience VR : Oh Home, Multiplication et The Ecstasy of Gold Reloaded. Leurs mouvements sont ainsi intégrés dans une histoire virtuelle que peuvent suivre en direct trois spectateurs munis de casques. Le reste du public peut suivre le récit sur écran. Rencontre entre le virtuel et le réel, entre la technologie et la danse, cette création est également un outil pour la science. « Ce projet est en même temps une recherche scientifique. La rencontre entre l'art, la technologie et la science nous amène à analyser la réaction des utilisateurs avec le but d'enquêter sur la communication de la danse », souligne la compagnie Voix.