Documentaire : fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle (développement) - résultats de la commission en 2023

Résultats des commissions

31 décembre 2023


commission 21 novembre 2023

La journée qui s’en vient est flambant neuve de Jean-Baptiste Mees
Producteur : 529 Dragons
Aide accordée : 20 000 €
Le matin tôt dans un restaurant-déjeuner de Montréal, du café filtre, du bacon, du pain doré, des histoires d’éveil, des solitudes en partage.

Johanna de Aline Suter & Céline Carridroit
Producteur : Alter ego production
Aide accordée : 15 000 €
Au cœur de l’été, Johanna part tous les jours à l’aube sur sa mobylette pour une usine en banlieue de Genève, où elle est employée sur une chaîne de montage comme ouvrière à assembler des boîtes pour des montres de luxe. Durant ses moments libres et pendant ses vacances, elle bricole sa vieille Volkswagen dans son atelier aménagé dans un parking souterrain.
Cet été, et pour la première fois en tant que femme, elle veut participer à une course de dragsters avec sa VW Coccinelle de 1970. Elle souhaite retrouver sa place dans les événements organisés pour les passionné.e.s de mécanique. Un milieu qu’elle a dû éviter pendant plusieurs années, suite aux harcèlements qu’elle y a subis après sa transition de genre.

L’Eau aux mille bras de Elise Florenty & Marcel Turkowski
Producteur : Baldanders films
Aide accordée : 20 000 €
Dans la vallée de la Durance, cœur hydraulique de la Provence, Odile, une jeune paysagiste, mène une enquête sur les conséquences écologiques et humaines de la modernisation des canaux gravitaires qui irriguent le paysage agricole depuis le moyen-âge. À ciel ouvert et creusés à même la terre, ils ont transformé un désert en un territoire fertile, et témoignent d’une gestion séculaire de l’eau comme bien commun. Alors que les sécheresses deviennent la norme, ce corps ramifié aux mille bras se retrouve progressivement enfermé dans le béton ou mis en tuyau car il est trop dispendieux en eau. C’est tout un pan de l’histoire locale, de récits, de pratiques qui menace de s’éteindre. Peut-on faire l’expérience collective de cette mutation sans céder ni à la mélancolie ni à l’amnésie ?

Cordon d’Anton Mezulic
Producteur : Cinéphage productions
Aide accordée : 15 000 €
Cordon se déroule à Vojni?, une petite ville croate peuplée d’environ 5.000 habitants, dont une courte majorité est serbe, l’autre principale communauté étant croate. Chaque année, environ 5% de la population émigre, majoritairement en Allemagne. Dans cette petite ville, il y a deux églises, deux centres culturels, deux cimetières, et deux équipes de football. Mais il n’y a qu’un seul stade. Nos deux personnages, Pavo et Pi?i sont les deux responsables du terrain : l’un pour l’équipe serbe, l’autre pour l’équipe croate…

Les Cèdres de Lauren Dällenbach
Producteur : Les films de la pépinière
Aide accordée : 20 000 €
Rythmées par des habitudes et des tic-tac, ma tante et ma grand-mère habitent depuis un demi-siècle dans une grande maison au décor immuable. Nicole, dont on n’a jamais pensé qu’elle pourrait vivre seule, et Alberte, dévouée à sa fille mais aussi paniquée à l’idée d’en être séparée, forment un couple qui donne le vertige. Face à l’inertie de la situation et parce que je désire secrètement sa liberté, je me rapproche de Nicole et cherche avec elle des voies créatives d’émancipation.

Le Goût des algues de Liza Guillamot
Producteur : Les films de l’après-midi
Aide accordée : 20 000 €
Le goût des algues est un film qui voudrait saisir concrètement, sensuellement, plastiquement, cette étrange alliance que certaines femmes ont noué avec cette espèce végétale, aux formes à la fois si adaptables et si évolutives, qui aurait presque une leçon à nous offrir sur les potentiels de la métamorphose et les chemins d’une vie bonne.

La Réponse de la mygale de Marie Voignier
Producteur : Les films du bilboquet
Aide accordée : 20 000 €
Dans la forêt camerounaise, le Français Michel Ballot a décidé de faire appel à des initiés, qui maîtrisent la communication avec les êtres qu’on ne voit pas, pour localiser le Mokélé-Mbembé, un animal inconnu de la zoologie. Tiraillé entre la preuve scientifique dont il a besoin et la puissance des initiés à laquelle il croit résolument, sa quête rencontrera d’autres pouvoirs, d’autres savoirs et espaces de résistances : ceux d’Hermine, dans ses combats politiques ou encore ceux de Blaise, un pisteur d’exception.

Sous-sol 248 de Tawfik Sabouni
Producteur : Habilis productions
Aide accordée : 20 000 €
Quelques années après ma libération des prisons syriennes je décide de retrouver la mémoire de ma captivité. J’invite cinq autres survivants qui ont partagé les mêmes cellules que moi à reconstruire cette prison pour évoquer leur vécu, leurs rencontres, leurs souffrances et le miracle qui les a fait survivre. Entre la torture à laquelle nous étions soumis, le visage des prisonniers que nous avons connus et notre quotidien dans la cellule, les souvenirs s’enchaînent en traçant un chemin profond dans notre mémoire. Nous racontons l’histoire d’un lieu interdit.

Des filles et du judo de Laïs Decaster
Producteur : Lorca productions
Aide accordée : 20 000 €
Avec Lola, nous pensons souvent aux 15 années passées ensemble dans notre club de judo d’Argenteuil. C’était une vie intense, faite de grandes joies mais aussi de sacrifices. Que serions-nous devenues si nous avions continué ce sport à haut niveau? Pour le comprendre, je pars à la rencontre de judokates d’aujourd’hui : Blandine, Mélanie, Clarisse... Comment ces athlètes vivent-elles d’être femmes et championnes, amies dans la vie et adversaires sur un tatami ?

Les enfants vont bien de Justine Harbonnier
Producteur : Sister productions
Aide accordée : 17 000 €
La Maison des personnes handicapées de Nantes est sise au bord du périphérique, entre un magasin de motos et un McDo. Le jour de la rentrée de septembre, crise habituelle, le chiffre vient de tomber : 8 000 enfants handicapés ne sont pas scolarisés en France. Ma mère, Emmanuelle, institutrice depuis 40 ans, devenue enseignante référente pour la Maison de l’handicap, fera cette année sa dernière rentrée. Dans un an, elle raccroche. En attendant, elle répond au téléphone et déclare: « les enfants vont bien ».

Deuxième Monde, deuxième sexe de Mila Turajlic
Producteur : Survivance
Aide accordée : 23 000 €
1975, Mexico : la première conférence des Nations Unies sur les femmes, donne lieu, en pleine guerre froide, à une rencontre explosive entre les militantes des droits des femmes de ce qu’on nommait à l’époque, le bloc de l’Est, le bloc de l’Ouest et le Tiers monde.

Playas blancas de Valentina Barriga Calca?o
Producteur : Triptyque films
Aide accordée : 23 000 €
Dans une station balnéaire chilienne résonne une archive familiale : la correspondance sur cassettes audio d’un couple engagé dans la lutte armée, dont le destin fut brisé en 1988 par la dictature militaire.

commission 28 septembre 2023

La saison du feu de Geoffrey Lachassagne
Producteur : Les alchimistes
Aide accordée : 22 000 €
Chaque année pendant la « saison du feu », la Kanaky Nouvelle-Calédonie est ravagée par les incendies, poussant au bord de la rupture des pompiers sans effectifs ni moyens. Déforestation, perte d’une biodiversité endémique, érosion, sécheresse… Les conséquences environnementales et sociales de ces incendies sont désastreuses. Pourtant, ils sont tous d'origine humaine. Et si le feu qui dévore l’île n’était pas un phénomène saisonnier, mais historique ? Trois lectures d'un même méga-feu selon les points de vue du fait-divers, des institutions et des incendiaires.

Graine amère de Camélia Gadhgadhi
Producteur : Amok films
Aide accordée : 19 000 €
Mohamed-Lamine, un chauffeur de taxi parisien amateur de golf, annonce à sa fille qu’il compte simplifier leur nom de famille. Camélia, jeune réalisatrice, décide alors de mettre en lumière la condescendance qu’il nourrit envers leur pays d’origine. Entre amour et colère, ils découvrent ensemble la véritable place que tient l’Algérie dans relations.

Rébecca et les ambitieux de Marlène Rabaud
Producteur : Baldanders films
Aide accordée : 20 000 €

Après plusieurs années de lutte citoyenne inédite au Congo au sein du mouvement Lucha et brisés par l’assassinat de leur fondateur, de jeunes militants décident de créer un parti politique et de faire campagne à l’approche des élections présidentielles et législatives de décembre 2023. Comment un mouvement survit-il à la mort tragique de son fondateur ? Espoir se présente dans sa ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, pour y briguer un mandat de député national. Il est entouré de son équipe de campagne et d’autres militants candidats qui s’appellent entre eux  «les ambitieux», et sont bien décidés à en découdre avec les caciques du régime. Rebecca, elle, refuse cette entrée en politique à laquelle elle ne croit pas. Alors que les conflits armés ont repris dans le Nord-Kivu, elle s’affirme désormais dans le don de soi auprès des plus démunis dans le chaos de la guerre. Suivant pas à pas les chemins différents pris par Espoir et Rebecca au fil de cette année électorale, je me demande comment chacun se renouvelle alors que la vie avance. Pourquoi Espoir choisit-il  d’entrer  en  politique  alors  qu’il s’était  engagé  à  combattre  ce  même système ? Jusqu’où Rebecca est-elle capable de supporter la violence de son pays ? Pourquoi lorsque l’on a 30 ans, choisit-on de poursuivre un engagement qui implique tant de sacrifices ?

2K20 : Odyssée masquée de Grégoire Beil
Producteur : Darjeeling
Aide accordée : 15 000 €

Mars 2020. Alors qu’à la télévision tournent en boucle les images vides d’une France paralysée par la Covid, sur TikTok se lève un vent d’aventure inédit. Les adolescents, privés des années lycée « classique » prennent le devant de la scène pour filmer une véritable épopée. Derrière cette chronique historique de la pandémie, ils ajoutent à leur manière un chapitre à la légende, universelle, de l’adolescence.

M de Sarah Kiani
Producteur : Les films de l’œil sauvage
Aide accordée : 16 000 €

Ma mère a grandi dans le canton conservateur du Valais et mon père est Pakistanais. Leurs différences culturelles ont été une source de conflit récurrent, au sein de plus d’un demi-siècle de vie commune. En allant à la rencontre d’autres couples mixtes, j’écris une chronique de cet improbable duo, tandis que nous assistons aux situations concrètes, par de courtes mises en scènes de fiction. S’y logent le comique, mais aussi la mélancolie de tous ces malentendus, ces petites et grandes humiliations, qui hantent le quotidien des couples mixtes.

Ceux qui veillent de Karima Saïdi
Producteur : Les films d’ici
Aide accordée : 12 000 €

À Bruxelles, dans un cimetière multiconfessionnel unique en son genre, on veille à respecter la pluralité des défunts et de leurs proches. Musulmans, juifs, orthodoxes sont enterrés dans leur pays d'accueil aux côtés de marginaux et de sans-abri. "Ceux qui veillent" représente à la fois ceux qui sont décédés loin de leur patrie et leurs proches qui établissent une nouvelle relation avec eux dans l'au-delà.

La montagne sauvage de Miguel Moraes Cabral
Producteur : Pivonka production
Aide accordée : 15 000 €

Catarina observe le ciel. Elle étudie les cigognes qui ont cessé de migrer. Dans les environs, Manuel creuse la terre. Il découvre des vestiges vieux de 7000 ans. Entre eux, José et Mila trient et tassent les ordures qui forment un gigantesque amas de déchets. Cette montagne vibre, fume et s'étend de jour en jour, bousculant le travail de chacun et le monde qui l'entoure.

Petits éclats de temps d’Henry Colomer
Producteur : Py productions
Aide accordée : 18 000 €

Des petites mains, des voix en coulisse : la piétaille, les victimes collatérales de l'entreprise de prédation mondialisée dont nous vivons le dénouement désastreux, après qu'elle ait pillé jusqu'au temps vécu, mis en pièces comme toutes les autres ressources. Dans la chronique intime de ma famille, cette histoire commence devant la mer, au pied des Pyrénées. En 1913, mon arrière-grand-père est déchiqueté par l'explosion d'une usine où on fabrique de la dynamite, expédiée par milliers de tonnes pour le percement du canal de Panama. À partir de là, je recouds dans des récits croisés les lambeaux de quelques vies ordinaires, en passe d'être oubliées. Liées au petit terroir de mon enfance, elles sont répliquées, très loin dans le vaste monde et jusqu'à aujourd'hui, par des destinées jumelles. À l'arrière-plan de cet essai documentaire, la présence bienveillante de ma grand-mère qui cultivait l'art du possible, à petite échelle.

Miki zoo de Camille Holtz & Pierre Tremerel
Producteur : La société du sensible
Aide accordée : 20 000 €

Miki dit qu’il est immortel. Il n’a pas le droit de mourir. Depuis trente ans, il consacre sa vie au Miki Zoo, un parc ornithologique situé dans la campagne de Serbie. Chaque jour, des milliers d’oiseaux comptent sur lui. Et lui seul semble savoir comment s’en occuper. Dans cette région meurtrie par les guerres et les exodes, Miki a édifié un véritable îlot de paix aux allures d’Arche de Noé. Ensemble, homme et animal y partagent une volière géante sur laquelle les grands bouleversements historiques de ces dernières décennies semblent avoir glissé.

Karatara, les ombres et les fantômes de Teboho Edkins
Producteur : Survivance
Aide accordée : 20 000 €

Karatara est un film de fantômes, dans lequel les fantômes réels et imaginaires, hantent la vie d’une communauté? métissée d’une petite ville de l'Afrique du Sud post apartheid.

Hana, l’Algérie et moi de Assia Tamerdjent
Producteur : Urubu films
Aide accordée : 17 000 €

Hana, ma sœur ainée, vit seule à Alger. Nos chemins se sont séparés il y a 7 ans, lorsque j’ai fait le choix de l’immigration à Paris, avant que le Hirak ne nous réunisse en 2019. Je ne l’ai pas revue depuis. Je décide de prendre ma caméra et de la retrouver. Nous faisons face à une relation tourmentée par un passé douloureux et un avenir incertain, le temps d’un voyage d’été. Ce film est le récit d’une réconciliation compliquée, entre deux sœurs que l’Algérie a mis au monde, et que l’Algérie a séparé.

commission du 25 mai 2023

Sous la ligne bleue, la vallée de Marie Dumora
Producteur : 5A7 films
Aide accordée : 17 000 €
Dans le petit village de Natzwiller, niché dans les hauteurs de la vallée de la Bruche, trois rues s’étirent depuis toujours. Une poignée d’hommes y vivaient paisiblement de leur labeur, de la culture de l’orge et du seigle, jusqu’à ce que les nazis viennent y ériger un camp de concentration, au lieu-dit du Struthof. Dans chaque maison dort une histoire. Un peu du chaos que les nazis ont déposé hante les mémoires. Ici, les hommes font corps avec la vallée qui porte les traces des blessures, les strates de cette mémoire meurtrie. Une humanité profonde s’y révèle. Je veux filmer une topographie des lieux, autant qu’une cartographie des mémoires, en scrutant la montagne par chacun de ses versants.

Arcobaleno de Pablo Cirès
Producteur : Les alchimistes
Aide accordée : 17 000 €
Depuis 50 ans, Iolanda est la reine de l’Arcobaleno, un dancing au sud de Rome devenu avec le temps un lieu incontournable de la région. Tous les samedis soir, des centaines de personnes viennent danser sur des classiques de la chanson populaire italienne, qu’interprète sur scène l’orchestre Mozzato tenu par ses deux fils, Erminio et Maurizio. Mais tout comme ses clients, le dancing vieillit et la fin semble proche : Maurizio s’ennuie dans son atelier de carrosserie, Erminio répare inlassablement le toit qui menace de s’effondrer, pendant que Iolanda jette des sorts aux chauffards qui passent sous ses fenêtres. Seule Elisa, la fille d’Erminio, rêve de reprendre les rênes de l’Arcobaleno pour le transformer en un parc de jeux pour enfants.

A l’ouest de mai de Sarah Srage
Producteur : L’atelier documentaire
Aide accordée : 16 000 €
Depuis l’Automne 2019, la famille Alayli subit la crise économique et sociale qui traverse le Liban. A l’Ouest de Mai, dresse par petites touches le portrait d’une famille de pêcheurs beyrouthine qui survit au jour le jour dans la débrouille et l’humour. Les liens forts entre père, mère et fils sont mis à l’épreuve par les discordes idéologiques. La famille Alayli est à mes yeux un concentré de ce pays.

Des solitaires de Pierre-Yves Vandeweerd
Producteur : Les films d’ici méditerranée
Aide accordée : 15 500 €
Sur les Monts Lozère, plus de 200 menhirs, vieux d’au moins 3500 ans, jalonnent le plateau des Bondons. Dispersés sur plusieurs kilomètres, leur configuration a la forme d’un bois de cerf.
Sur un autre plateau de cette chaîne montagneuse, dit le désert du milieu, des femmes et des hommes vivent dans une relation de proximité avec les cerfs. On les appelle les solitaires. Ils ont fait le choix de vivre à distance du monde. Chacun d’eux séjourne en ces lieux pour y conjurer le plus souvent un événement douloureux de sa vie, pour y retrouver une part perdue de lui-même.

Giovanna de Lola Peuch
Producteur : Les films du bilboquet
Aide accordée : 16 000 €
Giovanna Magrini Teles est assise dans son fauteuil style Voltaire. Dans un mélange de français, de portugais brésilien et d’espagnol, elle raconte sa vie commencée en 1975 à Araçatuba, une ville du sud-est du Brésil. Sur les murs de son appartement parisien transformé en décor de cinéma, des paysages que Giovanna a connus apparaissent tandis qu’elle rejoue des dialogues et des scènes de sa vie. Vingt ans plus tôt, elle était arrivée à Paris par accident. C’était le premier printemps du nouveau millénaire et ce que Giovanna avait découvert lui avait fait rapidement oublier Barcelone ainsi que les deux amies qui l’y attendaient. À travers elle, une génération de femmes transgenres nées au siècle dernier se raconte.

La Route de Cécile Allegra & Antarès Bassis
Producteur : Grande ourse films
Aide accordée : 18 000 €
C’est une route d’exil forcée, qui dure des mois, des années. D’elle, nous n’avons que des bribes d’images, des camions sur une piste en Afrique, des hommes amaigris derrière des barreaux de prison. La Route est un trou noir qui engloutit des milliers d’êtres rendus poussière dans le désert du Sahara. Et la mémoire des survivants. Dans un hangar, une quinzaine de femmes et des hommes, de la Corne d’Afrique et d’Afrique de l’Ouest, munis chacun d’un objet, nous racontent la route : de leur enlèvement des camps humanitaires du Soudan, leur déportation jusqu’à la Méditerranée en passant par les entrepôts prisons d’Assouan ou les camps de torture de Libye. Le temps d’un film, accompagnés par les réalisateurs et un couple de comédiens, ils vont remettre en scène l’histoire de la route et nous raconter comment ils ont traversé l’indicible, comment ils ont essayé par-delà l’horreur de conserver leur être et leur humanité.

Les Lucias de Clizia Centorrino
Producteur : L’image d’après
Aide accordée : 15 000 €
En Sicile a lieu chaque été au village de Savoca, la procession de la Sainte Lucia, incarnée par une fillette de dix ans qui doit s’astreindre à l’immobilité. Je pars à la rencontre des femmes qui l’ont interprétée sur plusieurs décennies. Avec elles, je questionne le mythe, la beauté et la violence de cette coutume et par extension la place de la femme et le poids des traditions dans la culture sicilienne. En mêlant mes propres souvenirs aux leurs, le fim dévoile un autre visage du rituel et en dessine un récit au féminin.

La Vie de chalet de Vincent Pouplard
Producteur : Mille et une films
Aide accordée : 13 000 €
Sifredy vit en France et rêve de vivre l’aventure en Nouvelle Calédonie. D’aussi loin que je m’en rappelle, il a toujours eu en tête de quitter le territoire sans billet retour, vers un ailleurs où il saurait faire parler son talent pour la débrouille. À 27 ans, Il a cet idéal : celui de vivre en pleine nature, de réduire ses besoins au minimum. Comme une stratégie d’isolement volontaire pour gommer les servitudes qui l’étouffent ici. Alors en attendant de s’installer dans les forêts calédoniennes, il a retapé un petit chalet à l’abandon pour y vivre à l’abri du monde. Au cœur d’un bois qui jouxte une station balnéaire, il patiente. Ici il apprivoise la solitude. Il sait qu’il lui faudra encore quelques mois avant de partir. Il lui reste quelques obstacles à franchir.

L’Amie américaine de Mariana Otero
Producteur : Survivance
Aide accordée : 21 000 €
Marie a 20 ans. Elle fait des études de psychologie et part en Hongrie pour une année Erasmus. Elle y rencontre Naomi, une jeune américaine dont elle tombe follement amoureuse. Mais leur histoire d’amour ne surmontera pas les différences sociales et culturelles. 20 ans plus tard, Marie est devenue psychanalyste, Naomi est partie travailler en Alaska. Elle lui raconte sa vie et son Amérique durant ces deux dernières décennies.

commission du 13 mars 2023

Bosco grande de Giuseppe Schillaci
Producteur : Wendigo films
Aide accordée : 15 000 €
Je connais Sergio, 51 ans, 260 kilos, fils renié d’un parrain mafieux, depuis maintenant plus de trois ans. Présenté comme « le roi de Bosco Grande », petit quartier populaire du centre de Palerme dont je ne connaissais pas l’existence, bien que je sois moi-même palermitain, Sergio vivote en faisant des tatouages et des photocopies. Depuis plusieurs mois son obésité l’empêche de quitter son lit. Sa vie est en danger. Pour survivre, il doit se soigner dans un centre spécialisé pour obésité sévère, à Cefalù, à 60 kilomètres de Palerme. Là, il devra lutter contre ses addictions à la nourriture, à l’alcool et à la cocaïne dans l’isolement d’une résidence perchée sur une colline surplombant la mer.

Le Cran de sureté de Marie Bonnard
Producteur : TS productions
Aide accordée : 17 000 €
Mon grand-père s’appelait Pierre Carous. Pendant quarante ans, il a été maire de Valenciennes, seule ville de droite du Nord principalement à Gauche. Il a été vice-président du Sénat, Président du groupe R.P.R au Sénat, proche de Charles Pasqua et de Jacques Chirac. On l’a retrouvé un jour de 1990, mort d’une décharge de fusil de chasse dans son garage. Cela fait trente ans que j’entends ma famille dire qu’il s’est suicidé parce qu’il avait des problèmes de santé. J’ai découvert récemment qu’une enquête policière autour de sa mort avait eu lieu pendant cinq ans. Malgré mes recherches, le dossier de l’enquête reste pour le moment introuvable. Avec ce film intime et politique, j’explore le récit construit autour de la mort de mon grand-père, celui de ma famille qui refuse de douter, celui contenu dans les archives, dans les témoignages des acteurs de cette époque, je vais enfin au bout de mes intuitions. Le passé se dérobe et ressurgit à la fois dans un clair-obscur entêtant.

Doucement se glisser dans la nuit d’Arnaud Alain
Producteur : Les films du Bilboquet
Aide accordée : 15 000 €
Dimitri ne sort jamais sans son appareil photo. Dans la rue, le métro, en soirée, il fait le portrait d’inconnus ou d’amis, et souvent, de garçons qui lui plaisent. Depuis quelques années, ces images se dérobent à ses yeux… Il sait que dans un avenir plus ou moins lointain il ne verra plus. Dimitri a décidé de conjurer le sort, et grâce à la photographie, il emmagasine les lumières et les corps. Je le filme, moi qui continuerai à voir. Doucement, nous nous glissons dans la nuit.

Entre deux mondes de Chloé Simonin & Margot Lançon
Producteur : Paraiso productions
Aide accordée : 16 000 €
Sous les yeux de Shayma, Chloé et Maëva, un groupe d’amies au lycée Marcel Cachin à Saint-Ouen, les premières infrastructures des Jeux Olympiques s’érigent. C’est une ville nouvelle qui sortira de terre d’ici trois ans. La ville sera leur refuge, le lieu de la fuite, de l’échappée, de la construction de soi. Entre deux mondes restitue deux mouvements, la transmutation des corps adolescents et la transformation des quartiers dans lesquels iels vivent. Un territoire qui s’efface et une identité qui se construit.

Être là d’Adèle Shaykhulova
Producteur : Petit à Petit production
Aide accordée : 16 000 €
Je découvre l’existence de près de 15000 caméras de surveillance dans ma ville natale Oufa, en Russie. Des images live accessibles 24h/24 sur internet. Coincée dans ma chambre en France et ne pouvant pas rentrer chez moi, je parcours la ville depuis mon ordinateur. Je peux aller partout : attendre aux arrêts de bus, longer les rues, entrer dans les cours d’immeubles, observer les chantiers, me promener dans les parcs, monter sur les toits. Les membres de ma famille apparaissent devant une des caméras, accrochée en hauteur dans le parc. Ils s’arrêtent, la pointent des doigts. Ils me transmettent un bonjour, secouant leurs mains. Puis s’en vont, disparaissant du cadre. J’essaie de les retrouver avec d’autres caméras. En vain. Les caméras ne sont pas disponibles partout. Les saisons changent et transforment la ville. Je continue à y errer, obsédée par l’idée de les revoir. Je suis suspendue à un lampadaire, à un immeuble soviétique, à un arbre. Et je reste là, avec eux. Sentez-vous ma présence ?

Festa Major de Jean-Baptiste Alazard
Producteur : Stank
Aide accordée : 12 000 €
Dans les Pyrénées Catalanes, à l'approche des premiers jours de septembre, chaque année depuis au moins 125 ans se déroule la Festa Major de Fillols. Quatre jours de danse, d'ivresse, de folie et de bonheur que se partagent les habitants du village, leurs invités et les « foresters » venus des vallées environnantes et d'ailleurs. Ensemble, cette population constitue « el Poble de Fillols » (« le peuple de Fillols »), célébré et immortalisé par une sardane composée en son honneur et jouée chaque année sur la place par la Cobla Millenaria, un des plus fameux orchestres catalans. En suivant Claire et Quentin, deux habitants du village, notre film sera une immersion dans la Festa Major de Fillols 2023, dans ses excès et ses moments de grâce, dans ses rituels et ses inventions spontanées, dans le lâcher prise collectif qui soude une communauté.

La Grange à Baba de Lucien Roux & Matthias Joulaud
Producteur : Les films du tambour de soie
Aide accordée : 15 000 €
Didier, agriculteur sourd-muet, vient de perdre Claude, son aîné. Désormais seul dans sa maison isolée dans les contreforts du Cantal, il doit trouver sa voie sans recours à son frère. Aux creux de ces montagnes auxquelles il ne peut renoncer, Didier doit surmonter sa peur de l’inconnu et construire des liens avec les autres habitants du hameau. La Grange à Baba suit les routines de Didier, guidées par un nouvel enjeu : la recherche de sa nouvelle place. Il faut qu’il réinvente sa langue et ses échanges, qu’il transforme son handicap en force.

Magma de Laetitia Farkas
Producteur : Kepler 22 productions
Aide accordée : 13 000 €
Elisabeth est une terre de feu qui brûle de jour comme de nuit. Elisabeth est une héroïne qui aime la lumière mais qui se perd dans les recoins les plus sombres de son âme. Élisabeth, c’est ma mère. Je reviens auprès d’elle pour voir ce que je n’ai jamais voulu voir. Cette lave souterraine, cette puissance, qui remonte à la surface par jaillissements.

Ma moria de Diane Boucaï
Producteur : Baldanders films
Aide accordée : 18 000 €
13 août 2011 : Je filme ma mère pour la première fois. En peignoir, elle me liste ses perpétuelles souffrances : cystite, épicondylite, c’est la vie. La vie c’est la mort, l’idée de la sienne m’obsède, je n’arrête plus de la filmer. Alitée ; en train de se curer les dents aux ciseaux à ongles ; priant le Dieu transmis par sa mère... Notre relation s’approfondit grâce à la caméra. Elle développe une complicité avec l’objectif.
3 mai 2021 : Ma mère me confie qu’une de ses voyantes a vu que je la filme tout le temps. Je l’entends comme un signe : il me faut dire que je fais un film sur elle.
Pour ça, je dois accepter que les choses aient une fin.

Les Naufragés du T1 de Mehdi Benallal
Producteur : Triptyque films
Aide accordée : 15 000 €
À la charnière des années 80 et 90, le tramway atterrit en Seine-Saint-Denis, reliant Saint-Denis à Bobigny. Pour l’émission de télévision locale L’Antenne est à nous, diffusée en Île-de-France par FR3 puis France 3, passants et habitants, lycéens et collégiens, urbanistes et ouvriers, sont appelés à jouer le jeu de l’enthousiasme. À quoi répond, retrouvée dans les archives de l’émission, l’opiniâtre singularité des personnes.

No sex no love no country de Yael Perlman
Producteur : Triptyque films
Aide accordée :18 000 €
Une cinéaste israélienne exilée réinterprète avec deux acteurs les échanges intimes qu’elle a eu parallèlement avec un ancien soldat israélien et un jeune Palestinien, rencontrés sur la plateforme de Chatroulette. Alternant images de webcam reconstituées et fragments de réels du tournage, elle interroge la construction mêlée des identités politique et sexuelle sous l'influence de l'occupation israélienne.

Petites personnes de Sophie Audier
Producteur : Decia films
Aide accordée : 18 000 €
Dans la crèche de Turbul à Montreuil-sous-Bois, des enfants de 2 ans se séparent pour la première fois de leurs parents. Commence alors pour eux la tumultueuse aventure de l’apprentissage de l’autonomie, de la relation à l’autre et du vivre ensemble. Ils jouent, expérimentent, échangent, apprennent, rendent compte du monde, du leur, du nôtre. Au fil de l’année, tandis que les gestes se précisent et que la parole s’affirme, la communauté prend forme, avec tendresse, avec humour.

Roswell d’Annabelle Amoros
Producteur : Paraison production
Aide accordée : 12 000 €
Dans le désert du Nouveau-Mexique, la ville de Roswell mêle fascination pour l’inconnu et société du spectacle permanente. L’histoire de la ville est liée au développement de la puissance militaro-industrielle des États-Unis. Après avoir abrité des bases stratégiques durant la Guerre Froide, Roswell reste aujourd’hui fortement connectée à l’Armée. La ville est entourée de zones militaires interdites d’accès et aux activités secret défense. Le nom de Roswell est également connu pour le mystérieux crash qui y eut lieu en 1947. Sans apporter de réponses, le film laisse l’imaginaire collectif déployer ses fantasmes face aux étrangetés de la ville.

Les Sanglières d’Elsa Brès
Producteur : Elinka films
Aide accordée : 12 000 €
Au creux d’une vallée cévenole, une révolte paysanne éclate à l’annonce de l’abolition du droit de glanage. Un groupe se détache, et, du haut d’une montagne, tire une flèche qui nous mène jusqu’en 2022 dans le jardin d’Annie, une femme cévenole de 75 ans qui passe ses nuits à guetter l’approche des sangliers vers un nouveau quartier pavillonnaire en construction. Le jour où un sanglier avale une des caméras de surveillance, le paysage se retourne.

commission du 12 janvier 2023

Le Beau est dans le pré de Clara Beaudoux
Producteur : Squawk
Aide accordée : 9 000 €
Le beau est dans le pré est un road trip en Beauce avec mon oncle Michel, agriculteur de 75 ans à la retraite, si proche et pourtant si loin de moi. « On nous dit que la Beauce c'est moche, mais regarde ! ». Michel s'adresse à moi derrière la caméra. Alors qu'un nouveau projet éolien divise le village nous partons ensemble sur les chemins de terre, à la recherche du « beau ». Un dialogue visuel et burlesque, de la poésie aux fous-rires, avec celles et ceux à qui on ne demande jamais ce qu’ils trouvent beau.

Les Fils qui se touchent de Nicolas Burlaud
Producteur : 529 dragons
Aide accordée : 14 000 €
48 ans le cinéaste est frappé d’une épilepsie foudroyante, conséquence d’un dysfonctionnement de son hippocampe, l’organe qui façonne les souvenirs. L’occasion pour lui de revenir sur vingt-cinq ans d’une téloche de rue qu’il a animée et de réfléchir à ce qui construit une mémoire collective, loin des récits officiels.

Kartli de Tamar Kalandadze & Julien Pebrel
Producteur : Habilis production
Aide accordée : 15 000 €
Kartli est le nom de l’ancien royaume de Géorgie. C’est aussi le nom d’un vieux sanatorium de Tbilissi. Désaffecté depuis les guerres abkhazes des années 1990, il abrite des dizaines de familles de réfugié.e.s. Comme un navire échoué au bord du lac qui domine la ville, le bâtiment tombe peu à peu en ruines. Les habitants protestent et manifestent pour être relogés. Rien ne change. Kartli est un lieu de vie et de mort, un palais où s’égarent les rêves d’une terre promise.

Les Larmes du jaguar de Kévin Brunet-Le Rouzic
Producteur : Dublin films
Aide accordée : 15 000 €
Camopi est un petit village isolé de Guyane Française subissant une modernisation brutale. J'y fais l'école de la forêt aux côtés de mon ami Breteau, un ancien, l'un des derniers dépositaires de la culture des Amérindiens Wayapi. Entre forêt amazonienne et République Française, capitalisme et animisme, jour et nuit, sa réalité sensible se dessine. Au rythme des chants aux esprits, des rêves et des beuveries, les frontières de nos mondes se dissolvent. J’ai été bouleversé par la situation de ce village lorsque j’étais enseignant de l’Education Nationale. Aujourd’hui Breteau me fait le cadeau de ses yeux pour voir au-delà, et ce qui m'entoure prend vie autrement.

Même si tout s’écroule de Victoria Alvares & Quentin Delaroche
Producteur : Quilombo films
Aide accordée : 13 000 €
Dans la banlieue de Recife, au Brésil, la vie de Cris est en chantier. Elle et son mari ont perdu leur emploi au début de la pandémie, ainsi que la maison dans laquelle ils vivaient avec leurs trois enfants. Enceinte de leur quatrième, Cris est en quête d’une ligature des trompes. Elle se bat pour gagner son pain en tant que micro-influenceuse virtuelle, tout en essayant de reconstruire sa maison et restructurer sa vie.

Le Polygone de Cédric Picaud
Producteur : Talweg
Aide accordée : 13 000 €
Damien se bat contre un sort que la France a jeté sur son village marqué par la guerre. Il y a plus de 60 ans, des savants sont venus dans les collines interdites pour créer le Polygone. Construit sur un champ de bataille, le centre d’expérimentation servait de zone de test pour les détonateurs de la bombe atomique française. On y faisait des explosions à base de produits hautement toxiques tout en imposant le silence. Dirigé par des ingénieurs venus de Paris, le Polygone a été construit, entretenu et surveillé par les habitants des communes alentour. Par peur ou par loyauté, ces sous-traitants n’en parlaient jamais, même au sein des familles, même quand ils tombaient malade. 10 ans après la fermeture du site, Damien sait que le Polygone a pollué les sols et les corps, mais aussi les esprits. Devenu maire de Pontfaverger-Moronvilliers, il cherche toujours à libérer la parole pour obtenir des bribes de vérité. Il veut rompre le silence, briser ce secret de famille partagé par tout un village depuis trois générations.

Sept et une font huit de Lucas Vernier
Producteur : Les films du bilboquet
Aide accordée : 13 000 €
En 1968, à 16 ans, Evelyne Noël quitte son milieu d’origine, une famille prolétaire défavorisée de Picardie, pour s’envoler ailleurs. Depuis, on ne la connaît que sous le nom d'Eve. Eve Vernier, c’est ma mère. Elle a mis son passé sous silence. Elle a sept sœurs et frères que je ne connais pas. Il est temps pour moi d’aller à leur rencontre.

Les Yeux fermés de Julien Faraut
Producteur : Ufo production
Aide accordée : 14 000 €
Exécuter un geste, imaginer un geste ou observer un geste dépend dans les trois cas de nos représentations motrices. L’utilisation du film et de l’imagerie mentale dans le sport de haut niveau nous conduit de façon inattendue aussi bien sur les traces de l’évolution humaine que sur les fondements de l’histoire du cinéma.