Documentaire : fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle (développement) - résultats de la commission en 2022

Résultats des commissions

31 décembre 2022


commission du 15 novembre 2022

Même pas en rêve de Nade Dieu
Producteur : Drôle de trame
Aide accordée : 12 000 €
Ce film est le récit de mon retour dans le fond d’une vallée des Ardennes belges que j’ai quittée il y a trente ans pour devenir comédienne. Malgré les années, ce lieu, lui, ne m’a jamais quittée : j’en garde une trace, un caillou dans la chaussure. A cet endroit, mon environnement n'offrait pas d'autre perspective que le travail rude, le travail manuel dés quatorze ans. Comme mon frère bûcheron et sa famille restée là, on ne pensait pas à autre chose qu'à ce destin décidé d'avance. On n'en rêvait pas. Pas à pas, je me rapproche de ma famille perdue de vue, et de ses fantômes, pour tenter de sonder le mystère du caillou qui me suit partout. Que vont me dévoiler ces retrouvailles ?

Soleil Aka d’Yvan Schreck
Producteur : L’Endroit
Aide accordée : 12 000 €
Sorel Eta Okanandok est le manageur congolais d’un groupe de cinq musiciens « pygmées » Aka. Il revient dans la forêt les visiter, accompagné de deux jazzmen français pour les intégrer au groupe. Rien ne se passe comme prévu et la connexion entre ces deux mondes que tout oppose n’est pas facile. La rencontre finit par avoir lieu et des tournées sont organisées en France et au Congo. Alors que le succès semble enfin arriver, Sorel monte en puissance persuadé qu’il deviendra célèbre et pourra enfin défendre les intérêts des Aka, peuple premier dont la survie est de plus en plus menacée.

Le Voyage de ma mère de Saber Zammouri
Producteur : L’Endroit
Aide accordée : 12 500 €
Ma mère vit depuis toujours dans notre village en Tunisie. Je l’invite à voyager avec moi à bord de ma vieille Méhari depuis notre village jusqu’en France, en Europe, où je vis depuis cinq ans. J’ai envie de lui faire ce cadeau. Depuis le village jusqu’à ici en passant chez des gens qui nous sont proches à elle ou à moi, et d’autres qu’elle ne connaît pas encore.

Profezia de Laura Delle Piane
Producteur : Tita productions
Aide accordée : 14 000 €
Sur les rivages d’une Méditerranée hors du temps, une jeune femme s’embarque pour un long voyage en mer. Accueillie dans le port d’une Marseille éternelle, elle est donnée en mariage à un inconnu. Des images issues d’anciens films de familles, des paysages et des lieux arrachés à la mémoire, racontent l’écoulement du trajet. Les visages, les lieux, les souvenirs, hors de leur contexte direct deviennent le récit imaginaire de notre voyage à tous à l’intérieur des frontières européennes, une réflexion intemporelle sur la femme et sa valeur marchande.

commission du 16 septembre 2022

L’Amour à Forbach de Julie Allione
Producteur : Avenue B production
Aide accordée : 10 000 €
Les hommes et les femmes hétérosexuel·les de Forbach ainsi les travailleu·r·se·s du sexe qui travaillent à la frontière allemande parlent de leur rapport à l’amour et au désir. À y regarder de près, si ces discours se superposent, ils ne se rencontrent pas. Ce qu’elles croient en savoir, ce qu’ils en annoncent et ce que les TDS en racontent n’a pas grand-chose de commun. Comme si chacun·e faisait semblant d’adhérer naturellement à une injonction à être. Comme si chacun·e était enfermé·e à double tour dans une fiction par son discours et par celui de l’Autre. Cette fiction, parfois tendre parfois mortellement douloureuse cela s’appelle le genre.

Braves gens de Sebastiano d’Ayala Valva
Producteur : La bête
Aide accordée : 12 000 €
C'est une mémoire mal assimilée, mise sous le tapis, déformée, faussée. Les traces en sont partout présentes, souvent au grand jour, mais peu de gens les voient. Il s'agit des traces de la mémoire coloniale italienne. Elles se trouvent dans notre culture, dans notre paysage urbain, dans nos comportements du quotidien, dans notre langage, et surtout dans notre rapport à la différence. Ce film est un voyage dans l'Italie contemporaine à la recherche de tous ces messages, ces incrustations et ces stratifications, qui d'une manière ou d'une autre témoigne du passé colonial mais qui faute d'être décodées demeurent invisibles. Elles sont pourtant loin d'être sans influence. Une exploration de ce qui reste de la question coloniale dans l'inconscient italien, ce film est aussi un parcours à la découverte de ceux qui s'opposent à l'oubli, et ouvrent ainsi la possibilité d'une nation plus consciente de son passé et d'une identité italienne fluide et changeante.

Le Buffle d’eau d’Anaïs Mak
Producteur : Macalube
Aide accordée : 13 000 €
Pendant le confinement, mon père se lance dans la fabrication d’une carte qui contamine au fil des semaines le sol du salon familial, l’itinéraire de son départ clandestin de la Chine communiste vers Hong Kong refait surface. Deux tentatives et autant de passages en prison seront nécessaires avant sa traversée réussie en 1974. L’épopée, si souvent imaginée enfant, se rejoue aujourd’hui dans un appartement paisible de banlieue.

La Chambre d’ombres de Camilo Restrepo
Producteur : 5 à 7 films
Aide accordée : 11 000 €
Dans une chambre isolée, une femme parle mais on ne sait pas à qui. Elle évoque des images que nous ne verrons jamais. En 24 épisodes de 3 à 5 minutes, la série documentaire La chambre d’ombres compose un parcours subjectif dans l’histoire de la peinture et du cinéma, engageant le spectateur à questionner le pouvoir des images dans notre société.

Eté 21 de Lucas Peker
Producteur : La onda produtions
Aide accordée : 10 000 €
Été 21 suit un un patchwork de jeunes, plutôt militants, plutôt fêtards, un peu délinquants, émeutiers parfois. Ils ont des visages étranges : des deepfakes, faux-visages numériques qui appartiennent à d’autres. Dans un contexte d’anxiété écologique généralisée, ces anonymes et leurs donneurs de visage entrent dans l’âge adulte en oscillant entre fête et mobilisation, projets d’avenir et instant présent.

Jzira, une île de Matthieu Kairouz
Producteur : Cinéphage productions
Aide accordée : 15 000 €
En novembre 2020, à Bcharré, mon village, situé dans les hautes montagnes du nord-Liban, un habitant est assassiné par un jeune réfugié syrien. S’en suit une nuit de violences où toute la communauté syrienne, plus d’un millier de personnes, est expulsée. Je reviens pour circuler, interroger, peu à peu une enquête intime met à jour la mémoire collective d’une île dans l’archipel libanais.

Majorana de Marie-Elise Beyne
Producteur : La chambre aux fresques
Aide accordée : 13 000 €
A la veille de la seconde guerre mondiale, le 25 mars 1938, le physicien Ettore Majorana prend un billet de Naples pour Palerme et disparaît à l'âge de 32 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Aujourd'hui, pour palier à cette absence, je pars sur ses traces en filmant mon compagnon qui est comédien, dans la ville de Naples. En mer Méditerranée, une équipe de physiciens cherchent la particule que Majorana a théorisée et qui porte son nom. La découvrir expliquerait pourquoi, au moment de la création de l’univers, la matière a pris le pas sur l’antimatière ; pourquoi nous sommes là.

Presque libre d’Olivier Bertrand
Producteur : Les films d’ici Méditerranée
Aide accordée : 11 000 €
Dans un village de la Montagne noire une ferme accueille des hommes qui sortent de prison. Ils ont effectué de longues peines et viennent travailler deux ans, pour se reconstruire, réapprendre à être libres, à affronter le regard des autres. Plusieurs jours par mois, je partage leur vie. Je travaille avec eux, je dors à la ferme. Ils savent que je prépare un film. Dans du travail, quand je suis seul avec l'un d'eux, il raconte ce qu'a été sa vie, le crime, puis toutes ces années, enfermé en marge de la société, la brutalité de la libération. Tout ce que la prison altère, qu’il faut reconquérir.

Relicte de Guillermo Quintero
Producteur : Stank
Aide accordée : 13 000 €
Quelque part, au nord de l’Amazonie colombienne, se trouve l’indien Sixto Muñoz, également connu comme le « dernier indien tinigua ». Les habitants de la Macarena, région où il a vécu depuis 1970, racontent qu’il y a environ 4 ans il a décidé de quitter sa maison au bord de la lagune pour réaliser son dernier voyage dans la forêt. Dans une expédition le long du fleuve Guayabero, depuis la Macarena jusqu’au Guaviare, je suis sa trace avec l’espoir de le rencontrer avant sa mort.

Rumori della Kalsa de Joséphine Jouannais
Producteur : Andolfi
Aide accordée : 12 000 €
Giovanni, Rosaria, Andrea, Dennis, Ibra et Kévin se croisent chaque jour sur la Piazza Magione, emblématique du centre de Palerme. Alors qu’approchent les élections municipales, le projet de rénovation du couvent, au centre de la place, attise les tensions déjà présentes à cause de sa vie nocturne agitée. Rumori della Kalsa est une fable documentaire chorale sur un quartier de Palerme, à travers les destins croisés de ses habitants.

Sous les soleils de Salma de Marie Ward
Producteur : E2P / Entre2prises
Aide accordée : 13 000 €
La première chose que m’a dite Daphné à propos de Salma portait sur son énorme poitrine qui sentait le monoï, la cuisine et la transpiration saine. Lorsque Salma ouvre la séance de massage, elle demande à ses client.e.s de se mettre sur le dos, les yeux fermés. Elle débute alors par le crâne, puis se penche progressivement pour atteindre, les épaules, les bras, le torse. Alors qu’elle se répand, sa poitrine vient enlacer la tête de son client puis finit par le masser tout à fait, au même titre que ses mains. Elle s’est rendue compte, qu’étouffement et érotisme à part, les gens aimaient sentir le poids de sa poitrine sur leur visage, qu’ils ressentaient là une forme de tendre régression. « Peut-être parce que ça leur rappelle leur mère, ils se sentent comme des petits enfants ».

Where Two Oceans Meet de Lauren Scott
Producteur : Pivonka productions
Aide accordée : 14 000 €
Tout au bout de l’Afrique : à gauche l’océan Indien, à droite l’océan Atlantique. Phadiel me raconte : Au Cap de Bonne-Espérance les deux océans ne se mélangent pas, c’est un mystère que les scientifiques ne peuvent pas résoudre, même les poissons ne traversent pas cette ligne. C’est le dernier endroit où Phadiel est allé avec sa femme Kulsum avant de rentrer en prison pour purger une peine de 25 ans. Quelques kilomètres à l’est : Mitchell’s Plain, une ville bâtie pour la population métisse pendant l’apartheid. Ici habite Kulsum et leurs deux enfants. Habitée par cette histoire, je reviens dans le pays de mon enfance avec ma caméra. Par nos regards croisés une certaine réalité de ce pays prend forme, à travers notre imaginaire et l’image de ses paysages : contrastés et cruellement beaux.

Womyn de Cécile Simon et Anaïs Dupuis
Producteur : Films grand huit
Aide accordée : 12 000 €
Bethroot et Madrone, deux femmes octogénaires, féministes et lesbiennes, vivent à l’écart de la société, dans les forêts de l’Oregon. On observe leur quotidien autarcique, et on remonte avec elles le fil du temps pour découvrir leur passé, qui est aussi un pan méconnu de l’Histoire : la création dans les années 70’ de communautés séparatistes lesbiennes aux Etats-Unis appelés les women’s lands.

commission du 16 juin 2022

Il neige à Bangkok de Mali Arun
Producteur : L’atelier documentaire
Aide accordée : 15 000 €
Mes grands-parents chinois quittent leur pays aux premiers souffles de la révolution culturelle pour planter racines à Bangkok. Ma grand-mère allemande fuit son père officier nazi juste après la guerre pour rejoindre son amant turc à Istanbul. Né en Thaïlande, mon père quitte l’Asie pour Paris et se fait passer pour un réfugié lao pour obtenir des nouveaux papiers. Née à Istanbul, ma mère passe son enfance entre la Turquie et l’Allemagne puis s’enracine en France pour la quitter à nouveau et s’installe sur une petite île allemande située à l’orée des terres Danoises. Tous ont quitté leur pays pour se reconstruire ailleurs. L’identité devient trouble quand elle est constituée d’une multitude d’exils, de langues, de cultures, de religions et de racines. Pourtant elle perdure, en chacun de nous, indestructible, et à travers ce film, je fouille pour dénicher les différences qui nous construit et qui façonnent le monde.

Mémoire fantôme de Hyun Jung Choi
Producteur : Athénaïse
Aide accordée : 15 000 €
Sept lettres, toutes destinées à ma sœur disparue en 1980 à Séoul. Et déroule le récit d'une enquête intime pour comprendre les raisons de sa disparition, offrant ainsi une occasion de regarder l’autre côté du miroir, la face cachée de l’histoire de la Corée du Sud, appelée jadis « Pays du Matin calme ». Pour cela, je convoque les récits individuels des membres de ma famille, mais aussi la mémoire collective du peuple coréen des années 1970-80 comme une trame de fond : la planification familiale, l’eugénisme à peine dissimulé, le sexisme hérité du confucianisme, le « Printemps de Séoul », le « Projet d'assainissement de la société », la conversion accélérée du pays au protestantisme. Moment charnière qui a permis au pays de se hisser au 10ème rang des puissances économiques mondiales.

Otés marmailles de Perrine Michel
Producteur : La chambre aux fresques
Aide accordée : 14 000 €
Marie-Ange est née à La Réunion. Orpheline à neuf ans, elle est embarquée dans un avion pour être « transplantée » dans une famille d’accueil en Creuse. A 64 ans, elle rêve de rentrer sur son île. A travers une composition musicale créole, le film retrace son parcours douloureux, ainsi que celui de petits réunionnais issus de familles dépourvues, tous exilés par l’État Français sur des territoires ruraux de l’Hexagone qu’il s’agissait de repeupler.

Choses qui font battre le cœur de Laure Cottin Stefanelli
Producteur : Hutong productions
Aide accordée : 13 000 €
Pour tromper la solitude, Etienne, Thierry et Alain ont fait le choix de vivre des histoires d'amour avec des êtres non-humains, les Love Dolls. Ces trois hommes ont une imagination hors du commun qui leur permet de donner vie à leurs compagnes inanimées. Un été, alors qu'ils se retrouvent tous les trois dans le Sud de la France, un événement inouï, magique et inattendu a lieu.

Saudades eternas d’Emma Boccanfuso
Producteur : Macalube films
Aide accordée : 14 000 €
Chapéu Mangueira est une favéla qui surplombe la clinquante et touristique Copacabana dans le sud de Rio-de-Janeiro. Dans ce quartier en marge, une guerre se joue entre trafiquants de la susnommée et ceux de la favela voisine. La police spéciale tenue de démanteler les deux réseaux ressemble plus à un peloton d’exécution, et envenime la situation. Dans ce contexte, une famille de Chapéu Mangueira tente de survivre dans une maison de brique qui n’est étanche ni aux balles ni aux tensions. Sueli, matriarche tendre comme elle est angoissée, résiste avec les siens aux assauts et voudrait garder sa famille unie.

Entre terres de Florence Lazar & Jean Breschand
Producteur : Sister production
Aide accordée : 15 000 €
En 2013, un cimetière d’esclaves a été retrouvé sur une plage de Martinique. C’est un événement exceptionnel qui a vite suscité des questions sensibles : Que faire de ces morts oubliés ? Leur donner une sépulture ? Les conserver pour le futur ? Et quelle est leur histoire ? Toutes ces questions n’ont rien de théorique, elles agitent l’île aujourd’hui. Car l’esclavage n’est pas juste un mauvais souvenir, il marque le territoire de son empreinte, il hante la population. En témoignent de façon révélatrice les maladies propres à la Martinique – qu’elles frappent les âmes ou les corps. Ce film raconte comment des habitants, des médecins, des archéologues se confrontent à ce grand retour du refoulé, comment ils commencent à élucider ce passé, et quelles en sont les conséquences tant individuelles que politiques. Ce film raconte comment des femmes et des hommes commencent depuis peu à ressaisir les silences de l’histoire de la Martinique.

La Conquista divina de Michoacan de Tito Gonzalez Garcia
Producteur : Tamara films
Aide accordée : 13 000 €
La Conquista Divina de Michoacán est un film documentaire tourné au Mexique, sur la difficulté qu'a Cherán — communauté Amérindienne à l’est du pays — à faire face à la toxicomanie. Considérée comme la région la plus violente du Mexique le Michoacán, est le territoire des Indiens P’urhépecha. C’est une zone qui est aujourd’hui indépendante de l’Etat et aussi des narcotrafiquants. Cette indépendance est fruit d’une révolution commencée par les femmes du village. Traditionnellement attachés à leurs forêts et ses plantes médicinales, le changement d'usage des sols dû à la production intensive d'avocat a bouleversé la vie des habitants. Entre perte de repères et syncrétisme séculaire, les amérindiens s'adaptent comme toujours a de nouveaux modes de vie.

commission du 5 mai 2022

Le 5e plan de la jetée de Dominique Cabrera
Producteur : Ad libitum
Aide accordée : 13 000 €
Pendant l’exposition Chris Marker à la Cinémathèque, mon cousin Jean-Henri s’est reconnu dans "La Jetée". Il était là de dos, avec ses parents sur la terrasse d’Orly dans le cinquième plan de La Jetée. Si c'était lui, il était le héros du film, enfant. Toute la famille les a reconnus, j’ai été happée par sa vision et par les chemins secrets qu’elle ouvrait dans l’histoire de notre famille et dans celle des images, c’est par Orly que notre famille était arrivée d’Algérie en 1962, quant à Marker…

Bac à sable de Lucas Azémar & Charlotte Cherici
Producteur : La belle affaire production
Aide accordée : 12 000 €
Bienvenue à Los Santos ! Les habitant·es de cette réplique virtuelle de Los Angeles dans le jeu vidéo Grand Theft Auto V nous racontent ce qu’il·elles y fabriquent. Tandis que ces avatars nous confient leurs souvenirs, leurs doutes, leurs désirs et leurs craintes, le portrait d’une communauté de joueur·ses se dessine. Ces dernier·ères se retrouvent en ligne, chaque jour ou presque, pour jouer à la vie, nouer des relations sociales et décider ensemble de l’organisation de la cité.

Bienveillance d’Alexe Poukine
Producteur : Kidam
Aide accordée : 14 000 €
Dans la petite arène du centre de formation, de « faux » patients et de « véritables » soignants simulent des consultations de façon hyper réaliste.
Le pari de ces jeux de rôle est que la bienveillance peut s'enseigner. Mais à quelles conditions la violence peut-elle véritablement être maîtrisée ?

Cacahuète, la révolte de la Nationale 7 de Quentin Ravelli
Producteur : Les films hatari
Aide accordée : 14 000 €
Un étrange rond-point en forme de cacahuète est devenu le centre de la révolte des Gilets jaunes dans le Loiret. Le député, le sous-préfet et même un ministre italien leur rendent visite. Deux ans plus tard, trois Gilets jaunes racontent ce combat qui hante leur vie, mais la colère n’a pas disparu : elle s’est au contraire aiguisée.

L’Eternelle d’Adrien Charmot
Producteur : A perte de vue
Aide accordée : 13 000 €
Régulièrement, je retourne dans un petit hameau de campagne, où une communauté de sœurs accueillent des enfants orphelins ou maltraités. Parmi eux, je retrouve mon ami d’enfance, Jean-Pierre. Il a maintenant quarante ans et est resté vivre dans cette maison. Il y a aussi Sylviane, une des sœurs, à présent septuagénaire, qui a recueilli Jean-Pierre quand il avait cinq ans. Et elle m’accueille moi aussi comme un fils. Dans l’ordinaire des jours de la communauté, le travail de la terre, les grandes tablées, les corps à soigner, je mets en œuvre mon désir de cinéaste, je raconte le dévouement à l’autre et l’envie d’un refuge maternel.

Jolie petite histoire de Elodie Beaumont & Anne Paschetta
Producteur : Paraiso production
Aide accordée : 11 500 €
Jolie petite histoire est le récit en diptyque d’une famille traversée par la violence ordinaire. Celle des coups que mon père portait à ma mère, celle des rapports qu’ils entretenaient, produits de la confrontation entre deux modèles de vie, de couple et de famille, qui ne coïncidaient pas, mais qu’ils se sont tout de même attachés, acharnés, à maintenir durant dix-sept ans.

Les Mines de Jerada de Thomas Uzan
Producteur : Habilis production
Aide accordée : 15 500 €
À l’Est du Maroc, dans les steppes orientales, des hommes extraient du charbon dans des mines artisanales. Ils utilisent des outils rudimentaires et leur corps est noir de poussière. Chacun leur tour, accrochés à un câble d’acier, ils vont devoir plonger dans la descenderie pour y piocher l’anthracite. Au fond du gouffre, dans la moiteur de l’obscurité, les rêves perdus de la mine nous parviennent dans un souffle.

My views on the darkness de Yuyan Wang
Producteur : Petit chaos
Aide accordée : 12 000 €
Sous la lumière artificielle qui nimbe une grande ville de Chine vivent un retraité poète, obsédé par son poisson-dragon, et son épouse, qui prend la technologie pour une fontaine de jouvence. De ces deux vies se dessine en filigrane le portrait d’une société fondée sur l’hyper connexion et placée sous l’autorité d’une lumière constante.

Terra incognita d’Enrico Masi
Producteur : Les alchimistes
Aide accordée : 11 000 €
Au pied des Alpes françaises, le laboratoire international ITER cherche à reproduire l’énergie du soleil, la fusion atomique, promesse d’une énergie propre et illimitée ; de l’autre côté de la frontière, en Italie, une famille allemande ayant jadis fui le nuage de Tchernobyl lutte pour préserver son environnement et son autonomie.

The magic city de Guillaume Maupin & Pablo Guarise
Producteur : Les films de la butte
Aide accordée : 16 000 €
Le 22 Mai 1914, Herman Poole Blount arrive sur Terre à Birmingham en Alabama, surnommée The Magic City, une ville du Sud industrielle marquée par la ségrégation. Après avoir quitté la ville à 32 ans, il deviendra Sun Ra, l'un des jazzmen les plus excentriques et les plus prolifiques de ce siècle, ainsi que le fondateur d'une étrange philosophie cosmique.
Portrait de l’artiste en jeune homme autant que portrait d’une ville à travers le temps, The Magic City raconte les jeunes années du musicien dans cette ville-univers à la fois politique et magique, quotidienne et fantastique, inquiétante et fascinante.

Thiais de Juliette Garcias
Producteur : Les films d’ici Méditerranée
Aide accordée : 14 500 €
A quelques kilomètres de la capitale, l’immense cimetière de Thiais. Un océan de tombes plates, nues, sans visiteurs ni fleurs. 103 hectares de terre où s’écrit une histoire particulière. Loin de tous et de tout. Notre histoire. Celle d’une France sans gloire, invisibilisée, honteuse. Celle de nos échecs, de nos fractures, de nos aveuglements.

Un robot dans la tête de Bérangère Lallemant
Producteur : Les films d’ici Méditerranée
Aide accordée : 12 000 €
Bertrand est ingénieur et inventeur éclairé à l’air un peu allumé. Lorsque sa mère décède d’une tumeur cérébrale, il s’interroge : aurait-on pu la sauver ?
Dix ans plus tard, entouré de chercheurs, il imagine un micro robot qui voyagera dans le cerveau pour soigner. Visions d’une médecine high-tech et douce. Un robot dans la tête se glisse dans le cerveau alternatif de ces visionnaires et observe le travail des idées, l’énergie de l’engagement, la force de l’éthique face aux lois de la physique, de la médecine et à celles du marché.

Yoshida Okada de Romain Fravalo
Producteur : Minuit le vert
Aide accordée : 10 600 €
Il est proposé à Kiju Yoshida et à Mariko Okada de se confier sur une bande magnétique. Au lancement du magnétophone, ils ont chacun une heure pour y inscrire leurs mémoires. Un documentaire suit les cinéastes lors de cette itinérance à travers les souvenirs d'une vie.

Yvon de Marie Tavernier
Producteur : La société des apaches
Aide accordée : 13 000 €
Yvon parle beaucoup, hurle de colère, écrit pour se calmer, compte pour se rassurer, nettoie des poussières invisibles et à 62 ans espère bientôt se reposer. Décontamineur dans le nucléaire, Yvon vit aux abords de la Vienne non loin de la centrale de Civaux. Sa retraite imminente, Yvon se met à écrire et à rêver.

commission du 14 février 2022

Under the dance floor de Sára Timár
Producteur : Alter ego production
Aide accordée : 15 000 €
Depuis la chute du communisme, j’ai vécu une enfance heureuse et prospère dans une belle villa de Budapest. Mon père était un célèbre chorégraphe de danses hongroises, ma mère était sa danseuse, ainsi que mes quatre frères qui ont tous évolué dans le monde de la danse. Je suis la seule qui ne danse plus, ce qui m’intéresse, c’est de débusquer ce qui se cache sous le plancher du salon où de sombres secrets de l’histoire sont enfouis. Tous les recoins de la maison évoquent la danse folklorique, sauf la cave, qui a abrité les geôles de la police politique durant la période communiste. Avec ce film, je décide de libérer les fantômes du passé qui hantent aujourd’hui encore non seulement notre maison, mais la société hongroise.

L’Annonce de Daniela Lanzuisi
Producteur : Drôle de trame
Aide accordée : 12 000 €
Dans les coulisses de l’hôpital, on découvre de nouvelles formations à l’annonce de diagnostic grave. Jamais considéré en école de médecine, ce moment est mis en lumière dans des jeux de rôle où l’annonce est faite à de faux patients. A l’heure où l’épuisement du personnel hospitalier est à son comble, un changement de paradigme est en cours dans la relation médecin-patient.

La Muselière de Diane-Sara Bouzgarrou & Thomas Jenkoe
Producteur : Films de force majeure
Aide accordée : 16 000 €
Tandis que retombent les cendres des derniers feux qui ont ravagé la Californie, une adolescente entame un programme de réhabilitation au contact d’un animal, dernière étape de son incarcération au sein du Centre de détention pour mineures de Bakersfield. Pendant 14 semaines, elle tente de réparer son existence en s’occupant d’un chien maltraité. À sa sortie, elle doit reprendre en main son destin dans une ville ravagée par de graves catastrophes écologiques et par la pauvreté. Les incendies menacent à nouveau la région tandis qu’un feu monte en elle : jusqu’à la consumer ?

Sur l’abîme de Marie-Violaine Brincard & Olivier Dury
Producteur : Les films du Carry
Aide accordée : 15 000 €
Situé sur les hauts plateaux du Pamir au Tadjikistan, Bulunkul est un village livré à son sort depuis l’effondrement de l’Union Soviétique. À l’approche de l’hiver, les habitants organisent leur survie tandis que les yacks partis en transhumance redescendent progressivement des montagnes.

73 un été français de Julien Gaertner
Producteur : Les films du tambour de soie
Aide accordée : 12 000 €
Marseille, nuit du 28 août 1973. Lounès Ladj, adolescent sans histoires, est froidement abattu. Son meurtre s’ajoute à la liste des violences racistes qui ensanglantent alors le Midi. Face à l’inaction de la police, son frère Mohamed enquête et tente de faire traduire les assassins en justice. Mais au cœur de l’été 73, il se heurte aux ombres de la guerre d’Algérie. Cinquante ans plus tard, un autre Lounès Ladj cherche à comprendre, quitte à raviver les douloureux souvenirs des siens.

Les Veilleurs de Lou du Pontavice & Victoire Bonin
Producteur : Hutong productions
Aide accordée : 16 000 €
Dans l’espace confiné de leur appartement, face au prestigieux conservatoire de musique de Pékin, Gao un ancien militaire et Guangdong gardien de sécurité, veillent chacun sur leur unique enfant dans l’espoir qu’il puisse un jour partir étudier à l’étranger. Derrière une routine strictement réglée et l’acharnement dans l’exercice quotidien des répétitions, se joue un amour sacrificiel, révélateur d’une société chinoise marquée par la performance et la réussite. Jusqu’au jour où l’enfant doit partir...

Il pleut dans la maison de Paloma Sermon-Daï
Producteur : Kidam
Aide accordée : 14 000 €
Livrés à eux-mêmes suite à l'internement de leur mère, un frère et une sœur se soutiennent l'un et l'autre au sein de leur maison familiale insalubre. Face à un été caniculaire et orageux, ils se retrouvent tiraillés entre l'adolescence et la vie adulte qui les attend.

Les Miennes de Samira El Mouzghibati
Producteur : Pivonka production
Aide accordée : 15 000 €
Pourquoi ai-je été si catastrophée en apprenant que j’allais avoir une fille ?
En 1966, mes parents se marient dans un village du Rif sans s’être jamais rencontrés. Ils s’installent deux ans plus tard à Bruxelles. En 1990, Fatiha leur première fille est mariée de force à son cousin, alors qu’elle a 17 ans. Chacune des quatre sœurs suivantes grandit, et se marie à son tour mais composent des unions à leur image : mariages d’amour, éphémères ou de longues durées, civils ou religieux, traditionnels ou arrosés de cocktails. En 2017, moi, Samira, la petite dernière de la fratrie, je me marie avec un sicilien alors que je porte déjà ma fille depuis trois mois. À un demi-siècle de distance, la nature des alliances a profondément changé. Avec mes sœurs, je cherche à comprendre ce que veulent dire des mots tels que : liberté, tradition, transmission, cherchant à définir et inventer notre identité de femmes belgo-marocaines.
Ce film invite pour la première fois ma mère dans la discussion... et y convie également le spectateur.

L’Inconditionnel d’Olivier Zabat & Emmanuelle Manck
Producteur : Studio Orlando
Aide accordée : 12 000 €
L’accueil inconditionnel ouvre la porte à toute personne en détresse telle qu’elle est et d’où qu’elle vienne. Une fois le seuil franchi, comment se reformulent les destinées ? Quels contours de la société française dessine l’articulation entre le politique, l’administratif, l’éthique et l’humain, mais aussi entre les représentations culturelles et sociales des accueillants et des accueillis ?