Ce jeudi 24 septembre, TF1 propose une soirée spéciale consacrée à Oradour-sur-Glane, situé dans la Haute-Vienne, qui, le 10 juin 1944, a été victime de la barbarie nazie. Ce jour-là, 643 habitants de ce village - 190 hommes, 246 femmes et 207 enfants – sont assassinés par un détachement de la division SS « Das Reich ». Seulement une trentaine d’habitants du village, qui a ensuite été brûlé par les nazis, ont survécu. Lors de cette soirée spéciale, la chaîne diffuse, à 21h10, une fiction, Oradour (2 x 45’), suivie, à 23h15, d’un documentaire, Oradour, un village martyr (65’).
Toucher le grand public
La fiction est produite par Making Prod, structure cofondée par Stéphane Drouet et qui appartient au groupe Mediawan, et M2THEP Entertainment, société conduite par Thierry Saïd et Matt Pokora. Oradour a d’ailleurs été initiée par le chanteur et comédien, qui en est la tête d’affiche aux côtés de Caroline Anglade. « En 2019, Matt a découvert un documentaire sur Oradour-sur-Glane, et il a été saisi par cette tragédie. Il en a parlé autour de lui et il s’est rendu compte que si certaines personnes connaissaient son existence, une proportion très importante l’ignoraient », raconte Stéphane Drouet.
« Avec son manager, Thierry Saïd, il a alors décidé de porter un projet de fiction autour d’Oradour. Matt Pokora ne cherche pas à devenir comédien à plein temps », souligne Stéphane Drouet. « S’il s’engage dans une fiction, il souhaite que celle-ci véhicule un message fort ».

En raison de la pandémie de Covid-19, le projet est mis en pause, puis, aux débuts de la sortie de crise, Matt Pokora et Thierry Saïd se rendent à Oradour-sur-Glane et y rencontrent Robert Hébras, disparu depuis, en 2023, à l’âge de 97 ans. Il avait 19 ans au moment du massacre auquel il a survécu, mais durant lequel il a perdu sa mère et ses sœurs. Ils s’entretiennent également avec sa petite-fille, Agathe, âgée aujourd’hui d’une trentaine d’années, et visitent le village en ruines. Ils contactent alors Stéphane Drouet pour lui proposer de s’associer au projet.
La réalisation est confiée à Pierre Aknine, qui a déjà œuvré dans la fiction historique avec Jean Moulin, une affaire française, porté par Francis Huster et diffusé sur TF1 en 2003. Pierre Aknine s’attelle aussi à l’écriture, étape au cours de laquelle il est rejoint par la scénariste Sophie Lebarbier. Tous deux, nourris des échanges avec Stéphane Drouet, Thierry Saïd, Matt Pokora et les équipes de TF1, travaillent à bâtir un scénario qui peut toucher le grand public, s’articulant autour de deux personnages qu’ils ont imaginés, interprétés par Matt Pokora et Caroline Anglade.
Le tournage d’Oradour se déroule à l’été 2025, en Belgique, sur vingt-cinq jours, dans « une économie maîtrisée », avance Stéphane Drouet. « Sur un téléfilm historique, contrairement à une série s’illustrant dans le même genre, nous ne pouvons pas nous inscrire dans une optimisation des décors ou du temps de tournage », développe-t-il. Le fait que Pierre Aknine ait coécrit le scénario représente alors un avantage considérable pour organiser les prises de vues dans les meilleures conditions possibles sans jamais sacrifier l’ambition. « Le tournage fut intense, mais nous avions une superbe équipe et un soutien fort de TF1 », se souvient Stéphane Drouet. L’unitaire est coproduit par la chaîne, et les sociétés belges Sequel Prod, RTL Belgium, RTL tvi, RTL Play et Beside Productions. Mediawan Music & Talents est productrice associée.
Un documentaire de témoignages
Pour accompagner la diffusion de la fiction, Stéphane Drouet estime nécessaire de montrer un nouveau documentaire sur Oradour-sur-Glane. Il s’adresse alors à Élodie Polo Ackermann, fondatrice de la société spécialisée Imagissime (groupe Mediawan) qui initie Oradour, un village martyr, avec la productrice Anna Kwak et le réalisateur Stanislas Kraland.
« J’ai une histoire familiale marquée par la Shoah », indique le cinéaste. « En consacrant un film au massacre d’Oradour-sur-Glane, je voulais aborder la question de la transmission d’un traumatisme. J’ai observé assez vite que, pour celui d’Oradour, les mêmes mécanismes se sont mis en place que pour celui de la Shoah : la génération qui suit immédiatement celle des survivants en a été tenue à distance tout en en subissant l’onde de choc, tandis que la génération d’après a reconnecté avec celles et ceux qui l’ont vécue. Comment faire quand on est une famille, une communauté - parce qu’Oradour-sur-Glane était une communauté - pour réapprendre à vivre ? Voilà ce qui m’intéressait ».
Stanislas Kraland conçoit Oradour, un village martyr comme « un documentaire de témoignages », en recueillant diverses paroles, à commencer par celle de Camille Labetoulle, 92 ans, qui a échappé au massacre car, le 10 juin 1944, il n’était pas à l’école. Trente enfants de sa classe ont été assassinés. « Ce fut la première interview que nous avons tournée. Nous sommes entrés en contact avec lui par l’intermédiaire de son fils », rapporte Stanislas Kraland. « Camille n’avait rien oublié de cette journée ».

Stanislas Kraland est également allé à la rencontre d’Agathe Hébras, qui veille à transmettre l’histoire de son grand-père, Robert Hébras. Dans le documentaire, apparaît aussi Cécile Désourteaux, fille d’André Désourteaux, originaire d’Oradour-sur-Glane : en 1944, il avait 17 ans et, le 10 juin, il n’était pas à Oradour, mais à Limoges, où il travaillait ; il a perdu presque toute sa famille dans la tuerie et n’a jamais parlé de sa douleur. Ce mutisme, Richard Hébras, le fils de Robert et le père d’Agathe, en témoigne également – longtemps, il n’a pas su que son père était un rescapé.
Le documentaire relate aussi tout ce qui a suivi le drame, dont son traitement par la justice française. Benoît Sadry, président de l’Association nationale des familles des martyrs d’Oradour-sur-Glane, et Andrea Erkenbrecher, historienne, apportent leur éclairage, tandis que Karin Eideloth, une Allemande, raconte le choc éprouvé lorsqu’elle a appris, en 2017, que son grand-père, Adolf Heinrich, avait participé au massacre, alors qu’il avait 17 ans. Elle se livre sur le besoin qu’elle a ressenti ensuite de se rendre à Oradour-sur-Glane et sur sa rencontre avec Robert Hébras, à qui elle a rendu visite chez lui.
Le documentaire est nourri de nombreuses archives et certaines ont été apportées par les intervenants eux-mêmes. Par ailleurs, plusieurs dépeignent la vie d’Oradour avant le 10 juin 1944. « Le village a été un lieu de vie. Les familles veulent qu’on s’en souvienne », explique Stanislas Kraland. La fabrication du film a débuté à l’été 2025 pour s’achever au printemps 2026. Stéphane Drouet et Thierry Saïd en sont les producteurs associés.
Devoir de mémoire
Oradour et Oradour, un village martyr vont pouvoir être vus par le public sur TF1 et la plateforme TF1+. La chaîne explique : « La fiction et le documentaire sont deux portes d’entrée pour parler du terrible massacre d'Oradour-sur-Glane. La première, par l’émotion et l’incarnation, permet de toucher un large public et notamment les nouvelles générations ; le second, par la rigueur historique, offre un éclairage indispensable en apportant des repères, du contexte et un approfondissement complémentaire autour des faits. Ensemble, ils contribuent à perpétuer la mémoire de ce drame ». À l’occasion de la diffusion, l’appel aux dons pour la sauvegarde des ruines d’Oradour-sur-Glane, mené par la Fondation du patrimoine avec le soutien du ministère de la Culture, sera relayé par TF1 et Matt Pokora.
ORADOUR
Réalisation : Pierre Aknine
Scénario : Pierre Aknine et Sophie Lebarbier
Production : Making Prod, M2theP Entertainment
Diffusion : TF1
Diffusion le 24 septembre 2026
Oradour a bénéficié du Fonds de soutien audiovisuel (automatique) du CNC.
ORADOUR, UN VILLAGE MARTYR
Réalisation et scénario : Stanislas Kraland
Production : Imagissime
Production : Making Prod, M2theP Entertainment
Diffusion : TF1
Diffusion le 24 septembre 2026
Oradour, un village martyr a bénéficié du Fonds de soutien audiovisuel (automatique) du CNC.