« C’est la référence absolue », répète à l’envi Christopher Nolan. Depuis le prologue de The Dark Knight (2008), le cinéaste britannique tourne de nombreuses séquences de ses films en IMAX : une démarche qui culmine aujourd’hui avec L’Odyssée, entièrement tourné dans ce format. Parallèlement à la sortie de cette adaptation de l’épopée d’Ulysse imaginée par Homère, un autre événement IMAX est à noter dans l’Hexagone : l’ouverture de la première salle tricolore en IMAX 70 mm au Pathé Odysseum de Montpellier (Hérault).
« Découvrir les œuvres telles que leurs réalisateurs les ont imaginées »
Il s’agit de la quatrième salle d’Europe à héberger cette expérience, présente mondialement dans une quarantaine de sites. « La projection IMAX 70 mm possède la plus haute résolution disponible au monde et exploite pleinement le format d'image étendu exclusif d'IMAX (1,43:1). Pour garantir un fonctionnement optimal du système, la salle doit être suffisamment grande pour accueillir un écran à la hauteur de ce ratio », explique Giovanni Dolci, Chief Commercial Officer d’IMAX.
À Montpellier, l’écran se déploie sur 22,39 mètres de large et 16,76 mètres de haut, permettant de « découvrir les œuvres exactement telles que leurs réalisateurs les ont imaginées », indique Pathé Cinémas. « Le film, tourné sur pellicule IMAX 65 mm à 15 perforations, puis tiré au format IMAX 70 mm, offre une surface d’image trois fois plus grande que celle d’un film en argentique standard. » Pour le dirigeant d’IMAX, « ce nouveau site constitue l'étape suivante de notre expansion continue dans le pays et s'appuie sur le goût sophistiqué du public français, qui apprécie ce format et dont nous savons qu'il saura reconnaître la qualité unique de la pellicule ».
Un déploiement entamé en 1998
Une étape supplémentaire donc, mais aussi un clin d’œil : ce nouveau chapitre de l’histoire entre la société canadienne et la France s’écrit dans le cinéma où tout a débuté, le Gaumont Multiplexe (devenu Pathé Odysseum en 2024) étant, à son ouverture en 1998, le premier équipé de cette technologie. Le peu de films adaptés empêche pourtant le format de prendre pleinement son envol, et il faut attendre la seconde moitié des années 2000 pour voir sa dynamique s’accélérer. « IMAX a pris son essor en France au moment même où les cinéastes ont commencé à réellement adopter la technologie et à nous permettre de formater davantage de films », raconte Giovanni Dolci, décrivant la sortie, en décembre 2009, d’Avatar de James Cameron en IMAX 3D, de « moment charnière ».
Via un partenariat avec Pathé, quatre nouvelles salles sont inaugurées dans l’Hexagone en 2010, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), Vaulx-en-Velin (Rhône), Labège (Haute-Garonne) et Le Grand-Quevilly (Seine-Maritime), rejoignant celle du Gaumont Disney Village, ouverte en 2005 à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne).
Durant les années 2010, la société renforce davantage sa présence française avec l’installation de dix nouvelles salles dans des cinémas Pathé et Gaumont : à Paris, Toulon (Var), Orléans (Loiret), Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Reims (Marne), Archamps (Haute-Savoie), Marseille (Bouches-du-Rhône), Lieusaint (Seine-et-Marne), Tours (Indre-et-Loire) et Aubière (Puy-de-Dôme), ces deux dernières ayant été initialement équipées par le groupe Ciné Alpes, racheté courant 2019 par Pathé. En parallèle, l’historique salle de Montpellier se dote de nouveaux projecteurs numériques IMAX.

37 salles IMAX en France
Le début des années 2020 marque un nouveau tournant pour IMAX, qui accélère nettement son développement tricolore. « Pathé a fait un travail extraordinaire pour valoriser l'expérience IMAX en France. Avec eux, nous avons connu une croissance spectaculaire de +60 % [de nouvelles salles] depuis 2020 », note Giovanni Dolci. Avec des ouvertures à Grenoble (Isère), Valenciennes (Nord), Nice (Alpes-Maritimes), Saint-Herblain (Loire-Atlantique), Angers (Maine-et-Loire), Brumath (Bas-Rhin), Montataire (Oise), Valence (Drôme) et, le 15 juillet, sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), la société au coq compte dorénavant 26 salles IMAX dans l’Hexagone.
En parallèle, « nous avons également considérablement diversifié nos partenariats à travers le pays. Comme sur chaque marché, nous sommes très heureux chez IMAX de nous associer à tout exploitant qui partage notre vision : offrir des expériences extraordinaires au public », souligne le dirigeant d’IMAX. La société canadienne a, depuis 2020, signé des accords avec cinq nouveaux exploitants, à commencer par le Cineum de Cannes (Alpes-Maritimes), dont l’ouverture en 2021 a offert à IMAX une présence dans « l’un des lieux les plus iconiques du pays » avec le Pathé La Géode à Paris.
Entre 2022 et 2026, Megarama s’est, lui aussi, attelé à la premiumisation de son réseau, inaugurant cinq salles IMAX à Bordeaux (Gironde), Givors (Rhône), Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), Roubaix (Nord) et Les Ulis (Essonne). Groupe belge largement implanté en France, Kinepolis possède deux salles IMAX, à Lille (Nord) et Nîmes (Gard). Pas uniquement l’apanage des grands circuits, la technologie s’implante par ailleurs chez les exploitants indépendants, en témoigne l’accord passé avec Majestic pour l’équipement d’une salle à Dole (Jura), ainsi que celui avec Ciné West pour l’ouverture, programmée dans les prochains mois, d’une salle au Pontet, en périphérie d’Avignon (Vaucluse).
« Nous sommes ravis du rythme actuel des nouvelles ouvertures de salles IMAX, que nous attribuons à l'excellence de nos partenaires exploitants. Ces derniers ont clairement identifié la demande croissante de leur public pour plus d'IMAX et agissent rapidement pour concrétiser cette ambition », observe Giovanni Dolci. En intégrant celles non dédiées au cinéma de la Cité de l’Espace à Toulouse et du Futuroscope à Poitiers, IMAX affiche 37 salles sur le territoire national. « La France, avec son public de cinéphiles passionnés, est un marché important pour nous : en 2025, elle figurait parmi nos dix territoires les plus rentables au monde et représentait le premier d'Europe continentale. » Illustration de cette dynamique l’Hexagone s’est affirmé comme le troisième marché le plus performant au monde pour le film Avatar : de Feu et de Cendres en IMAX.

Des expérimentations novatrices
« Bien que nous ayons rencontré un grand succès, il existe encore une marge de progression importante pour IMAX localement », souligne le dirigeant, tant sur les opportunités d’ouvertures que sur la programmation. « La France a été un excellent terrain d'expérimentation pour des expériences novatrices ; nous y avons proposé des événements en direct, des concerts et des documentaires en langue française spécifiques au marché, d'une manière inédite par rapport à d'autres pays. »
Outre Chien 51 de Cédric Jimenez ou Marsupilami de Philippe Lacheau côté cinéma, la retransmission du match de football entre le Paris-Saint-Germain et l’Olympique de Marseille et la diffusion du ballet Le Lac des Cygnes ont été proposées. La projection, en début d’année, de ATHOS – Au cœur de la Patrouille de France, constitue, elle aussi, un tournant puisqu’il s’agit du premier documentaire tricolore intégralement filmé avec des caméras IMAX. Pour la société canadienne, la multiplication de ces propositions locales est une façon « d’inciter davantage de spectateurs à fréquenter nos salles ».
Confiant quant à l’avenir de la marque sur le territoire, Giovanni Dolci voit-il en la sortie de L’Odyssée l’accélérateur idéal, dans la veine de ce qu’avait représenté Avatar premier du nom pour la 3D ? « Absolument ! Tant du point de vue de notre maillage que des contenus. Bien qu'il s'agisse du premier long-métrage de ce type, nous sommes convaincus que L’Odyssée ne sera pas le dernier à être intégralement tourné dans ce format. Et puis, désireux de voir plus d'IMAX dans ses cinémas, le public nous sollicite de plus en plus directement pour savoir où nous nous implanterons prochainement. »