« Un nouvel essor du cinéma de genre » : L'Étrange Festival revient au Forum des Images

« Un nouvel essor du cinéma de genre » : L'Étrange Festival revient au Forum des Images

18 août 2026
Cinéma
L’affiche de L'Étrange Festival 2026
L’affiche de L'Étrange Festival 2026 www.etrangefestival.com

Films de science-fiction ou d'horreur, thrillers, œuvres expérimentales ou fantastiques... L'Étrange Festival 2026 propose douze jours de projections hors du commun début septembre. Le délégué général, Frédéric Temple, dévoile les autres temps forts de la sélection.


La 32ᵉ édition de L'Étrange Festival donne rendez-vous aux amateurs de séances (très) spéciales du 1er au 12 septembre au Forum des Images, à Paris, pour assister aux projections ainsi qu'à de nombreuses rencontres avec des cinéastes.

Premières, hommages et pépites de l'étrange

Le Sabre des gardiens de Yuen Woo-ping a été choisi pour faire l'ouverture du festival, en avant-première avant sa sortie en salles le 25 novembre 2026. Le Trésor, nouveau court métrage d'animation de Vincent Patar et Stéphane Aubier, sera présenté par ses réalisateurs en première mondiale. Un hommage à Ornella Muti est prévu, en présence de la comédienne, via la projection de quatre films, dont Roma Elastica de Bertrand Mandico, avant sa sortie en décembre prochain.

Les classiques américains Frankenstein (J. Searle Dawley, 1910) et Docteur Jekyll et Mister Hyde (John S. Robertson, 1920) seront diffusés en version restaurée, accompagnés au piano par Serge Bromberg. Trois films de Ringo Lam sont également au programme : Prison on Fire 1 et 2, ainsi que School of Fire. Pour célébrer les vingt ans de Potemkine, le festival projettera aussi l’épisode 8 de la saison 3 de Twin Peaks.

« Mum, I'm Alien Pregnant » réalisé par Thunderlips
« Mum, I'm Alien Pregnant » réalisé par Thunderlips Umbrella Entertainment

« Une génération qui réveille les films de genre »

« Cette 32ᵉ édition continue d’offrir un éventail général de la cinématographie de genre, tant des formes d'expression primitives du siècle dernier que des nouveautés pas encore exploitées au cinéma. Notre programme vise les nouvelles générations tout comme notre public fidèle : le visiteur est invité à venir papillonner et trouver des points de vue qui ne sont pas forcément ceux qui sont diffusés dans les salles classiques. Même si le cinéma de genre a de plus en plus le vent en poupe. »

« Des cinéastes ont été découverts en France via L'Étrange Festival, de Nicolas Winding Refn à Takashi Miike. Tout ce que nous essayons de développer depuis trois décennies est reconnu auprès d'un large public. La difficulté ces dernières années, c'est de réussir à trouver des films de genre qui n'ont pas déjà été pré-achetés par des plateformes de streaming. Si l'on a pu ressentir une certaine redite, la compétition regorge en 2026 de propositions singulières et très intéressantes, venues du Kazakhstan (Sicko d'Aitore Zholdaskali), d'Iran (A Time in Eternity de Mehdi Norowzian), de Nouvelle-Zélande (Mum, I'm Alien Pregnant du duo Thunderlips), d'Afrique du Sud (Hen de Nico Scheepers)... Des contrées de cinématographies moins connues du grand public. Il y a toute une génération qui est en train d'arriver, qui réveille les films de genre. »

« Sanguine » réalisé par Marion Le Corroller
« Sanguine » réalisé par Marion Le Corroller ARP Sélection

« En France, les propositions originales reviennent »

« Nous ressentons fortement cet essor au niveau du cinéma féminin : il y a eu Coralie Fargeat, qui est allée jusqu'aux Oscars avec The Substance, ou Julia Ducournau et sa Palme d'or pour Titane. Cette année, il y a de forts espoirs autour de Sanguine de Marion Le Corroller. C'est du cinéma d'horreur rentre-dedans, qui pousse le bouchon assez loin et qui a tous les atouts pour connaître le succès. »

« La France, c'est le pays de Georges Franju, Georges Méliès ou Jean Cocteau, les ténors du cinéma de genre du siècle dernier. Il y a eu un long creux, mais les propositions originales reviennent. Je pense au réalisateur Quarxx (Pandemonium, 2023), qui propose depuis plusieurs films une qualité, un savoir-faire français solide, et qui présentera au public Les Âmes en peine. Il y a aussi la comédie animée très réussie de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue, Blaise, qui rappelle un petit peu les propositions originales de Quentin Dupieux, mais en animation. C'est encourageant de voir émerger tout ce vivier de jeunes talents. »

Dans le cadre de cette sélection 2026, INA Fantastica diffusera sept films sur grand écran, de fiction ou documentaires :

  • La Chute d'Icare (1960) de Gérard Patris
  • Caustiques (1960) de Marie-Claire Schaeffer et Gérard Patris
  • L'Enfant et les sortilèges (1967) de Roger Kahane
  • Un jour vous verrez les arbres (1967) de Marie-Claire Schaeffer
  • La Dame au frigo (1985) de Marie-Claire Schaeffer
  • Erotissimo (1969) de Gérard Pirès
  • Des yeux par milliers braqués sur nous (1971) d'Alain Baudet

« Des années 1960 à 1970, l'ORTF a été extrêmement prolixe en matière de genre. Il y a eu tout le travail de Jean-Christophe Averty, évidemment, mais aussi de cinéastes reconnus tels que Claude Chabrol, qui pouvaient expérimenter dans le cadre de modules de vingt minutes à une heure. Il y a eu énormément de signatures qui ont proposé d'incroyables films fantastiques. Tout cela a explosé avec l'arrivée des différentes chaînes de télévision, mais l'INA a conservé et préservé des copies. Nous avons établi un partenariat avec eux tant ces films regorgent de qualités cinématographiques. Cela a un sens de les diffuser en salles. »

Rebeka Warrior
Rebeka Warrior Marie Rouge

Cartes blanches à Rebeka Warrior, Anna Mouglalis et Philippe Vuillemin

« L'une des valeurs de L'Étrange Festival, c'est que nous n'avons pas de frontière. Dès la fin du siècle dernier, nous avons voulu importer les cartes blanches en France, car ça n'existait pas du tout : le fait de proposer à des artistes venus d'horizons divers de mettre en avant des films qui ont marqué leur culture cinématographique, cela ouvre encore davantage la boîte de Pandore. Nous devions collaborer avec Rebeka Warrior l'an dernier, mais entre sa tournée et la parution de son ouvrage, elle craignait de ne pas être assez disponible. Elle a insisté pour programmer des œuvres de Shûji Terayama, un artiste à qui nous avions déjà consacré une rétrospective. Comme c'était il y a plus de quinze ans, nous avons convenu que c'était le bon moment pour montrer à nouveau son travail expérimental au public, et notamment aux jeunes. D'autant plus que ses films ne sont plus du tout visibles au Japon ! C'est crucial, pour faire vivre le cinéma, de continuer à creuser, de dénicher des pépites et de les reprogrammer régulièrement pour les faire découvrir à de nouveaux spectateurs. »