Cannes, terre de tournages

Cannes, terre de tournages

15 mai 2019
Cinéma
La Cité de la peur
La Cité de la peur StudioCanal
Il n’y pas que le festival dans la vie de la Croisette. La ville azuréenne inspire aussi régulièrement des cinéastes du monde entier qui viennent y poser leur caméra. En voici cinq exemples.

La Main au collet d’Alfred Hitchcock (1954)

De tous les palaces situés le long de la Croisette, le Carlton – construit en 1911 et classé monument historique – est celui qui a inspiré le plus de cinéastes : Michel Blanc avec Grosse fatigue en 1994 (primé pour son scénario au festival), Lawrence Kasdan avec French Kiss et donc, à tout seigneur, tout honneur, Alfred Hitchcock avec La Main au collet. Cary Grant y incarne un cambrioleur assagi dont les vols qui se multiplient sur la Côte d’Azur portent pourtant la patte et le transforment en suspect idéal. Non content d’accueillir une partie de l’intrigue et du face à face entre Grant et Grace Kelly, le Carlton logea toute l’équipe durant le tournage et créera un peu plus tard une suite de 300 m2 baptisée Grace Kelly, inspirée par le film d’Hitchcock. Cannes portera décidément bonheur à l’actrice puisque l’année suivante elle y rencontrera un certain Prince Rainier en présentant Une Fille de la Province au festival.

 

Mélodie en sous-sol d’Henri Verneuil (1963)

La toute première rencontre au sommet entre Alain Delon et Jean Gabin (avant Le Clan des Siciliens du même Henri Verneuil et Deux hommes dans la ville de José Giovanni) a donc eu lieu sous les latitudes cannoises. C’est en effet son casino Palm Beach qui est la cible du duo constitué par un vieux truand refusant de prendre sa retraite et un jeune voyou sans scrupule. Et leurs planques successives sont situées le long du boulevard de la Croisette. Le tournage fut houleux (tensions entre Delon et Verneuil et entre Gabin et Audiard) mais avec plus de 3 millions d’entrées, il fut l’un des rois du box-office français de 1963, dominé par La Grande évasion, La Cuisine au beurre et Lawrence d’Arabie.

 

La Bonne année de Claude Lelouch (1973)

Un homme et une femme. Un gangster préparant le « premier hold-up psychologique de l'histoire du banditisme » et une antiquaire dont la boutique est située Boulevard de la Croisette, juste à côté de la bijouterie Van Cleef & Arpels que vise le cambrioleur. Une histoire d’amour pas comme les autres réunissant Lino Ventura et Françoise Fabian. Et une drôle de comédie romantique qui eut un grand retentissement outre-Atlantique. Film de chevet de… Stanley Kubrick qui le montra à Tom Cruise pendant la préparation d’Eyes Wide Shut, La Bonne année eut droit à son remake hollywoodien, Happy New Year, mis en scène en 1987 par John G. Avildsen, le réalisateur de Rocky et Karaté Kid, avec Peter Falk.

La Cité de la Peur d’Alain Berbérian (1994)

Le Festival de Cannes célèbre cette année les 25 ans de cette comédie culte des Nuls dont il constitue l’un des personnages centraux. C’est en effet à Cannes qu’Odile Deray, l’attachée de presse incarnée par Chantal Lauby, vient présenter le nanar Red is dead, dont les projectionnistes successifs meurent dans d’atroces souffrances. Mais comme le tournage de La Cité de la peur a eu lieu en juillet et non en mai, il a fallu recréer à l’écran l’ambiance du festival. En convoquant de nombreux figurants autour des fameuses marches mais aussi en conviant de nombreux invités de marque à venir jouer leurs propres rôles : Rosanna Arquette, Pierre Lescure (alors DG de Canal + et futur Président du Festival), Dave et même James Cameron !

 

Femme fatale de Brian de Palma (2002)

Comme Alain Berbérian huit ans plus tôt, Brian De Palma – qui cherchait depuis un petit moment à tourner en France – a fait du Festival de Cannes son terrain de jeu. Puisque c’est lors d’une projection spéciale d’Est-Ouest qu’une bande de malfaiteurs va tenter de dérober, une fois la célèbre montée des marches terminée, une monture de diamants portée par un top-model. Ami du cinéaste, Régis Wargnier et son interprète Sandrine Bonnaire y jouent leurs propres rôles tout comme Gilles Jacob, alors grand patron du festival et Jean Chatel, la « voix des marches » de cette époque, poste repris plus tard par Isabelle Giordano et aujourd’hui Patrick Fabre.