Les meilleures séries d’espionnage mondiales

Les meilleures séries d’espionnage mondiales

11 mai 2022
Séries et TV
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Keri Russell et Matthew Rhys dans « The Americans ».
Keri Russell et Matthew Rhys dans « The Americans ». Canal +

Les agents de Slow Horses (Apple TV+), adaptation des romans de l’écrivain britannique Mick Herron, réinventent la série d’espionnage sous la houlette d’un réjouissant Gary Oldman, boss infréquentable d’une équipe d’espions désavoués. Une preuve de plus que le genre explose depuis une dizaine d’années, comme en témoignent ces productions des quatre coins du monde.


Homeland(États-Unis, 2011-2020)

Sans aucun doute la série d’espionnage la plus populaire. Pendant huit saisons, Claire Danes a su donner un brillant mélange de force et de faiblesse à son personnage de Carrie Mathison. Cette agente de la CIA, secrètement atteinte d’un trouble bipolaire, va développer une relation explosive avec un Marine, Nicholas Brody (Damian Lewis), libéré après huit années de détention par Al-Qaïda. Elle le soupçonne d’avoir été retourné par l’ennemi. Est-il vraiment un terroriste déguisé en héros de guerre de l’Oncle Sam ? Qui croira Carrie ? Cette adaptation du thriller israélien Hatufim (2010 - 2012) livre une tension permanente et un suspense brûlant, qui lui ont permis de décrocher cinq Golden Globes et huit Emmy, dont celui de la meilleure série dramatique en 2012. 

 

The Americans (États-Unis, 2013-2018)

La guerre froide revisitée du côté soviétique. Keri Russell et Matthew Rhys incarnent un couple parfait sous tous rapports, installé dans la banlieue de Washington avec leurs deux enfants. Seulement, ils sont en réalité des espions à la solde du KGB, infiltrés en territoire américain. Ce drame d’espionnage jongle sur plusieurs tableaux et mélange thriller, affaires de famille et enjeux géopolitiques. Cette création est l’une des plus réussies du genre, récompensée, notamment, plusieurs éditions de suite par quatre Emmy Awards et un Golden Globe de la meilleure série dramatique en 2019.

 

Au service de la France (France, 2015-2018)

Ce n’est pas tout à fait du OSS 117, mais cela y ressemble. Comédie d’espionnage assumée, sans jamais être totalement loufoque, Au service de la France épate par son ambiance soignée, chic et réaliste, doublée d’une ironie mordante de tous les instants. Avec des dialogues cinglants et des personnages hauts en couleur, Jean-François Halin, Jean-André Yerlès et Claire Lemaréchal racontent les années 1960 du point de vue tricolore par le prisme d’un espion stagiaire. Désireux de défendre les intérêts de l’Hexagone, il se retrouve vite confronté aux méandres infernaux de l’administration.

 

Le Bureau des légendes (France, 2015-2020)

Avec minutie, Éric Rochant nous plonge dans les coulisses de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui pilote les missions incroyablement périlleuses d’agents dits « clandestins » en immersion dans des pays étrangers. Cette série subtilement écrite met brillamment en scène le quotidien de ces employés de bureau pas tout à fait comme les autres. Cette création originale Canal+, à la production très sophistiquée, a su conquérir le reste du monde au point de voir le New York Times la classer en troisième position des meilleures séries étrangères de la décennie en la qualifiant de « série d’espionnage la plus intelligente et crédible au monde ».

 

Deutschland 83-89 (Allemagne, 2015-2020)

Les dernières années de la guerre froide vues de l’autre côté du Rhin. En pleine crise des euromissiles, les services de renseignement de la RDA envoient un jeune officier infiltrer une base militaire ouest-allemande à proximité de la capitale Bonn. Cette peinture de l’époque à couper le souffle raconte avec intelligence et sans manichéisme, sur un ton qui confine parfois au tragicomique, un contexte historique très tendu et largement méconnu. Une série originale sacrée de l’Emmy de la meilleure série dramatique internationale en 2016. 

 

Avec Hatufim, la création israélienne a montré sa capacité à développer des séries d’espionnage de premier ordre. Elle confirme son talent avec brio en signant ce thriller à couper le souffle sur une unité des forces spéciales. Formée à se fondre dans la population arabe, elle se lance à la poursuite de terroristes du Hamas. La série en impose par son réalisme cinglant, forgé par l’expérience de ses deux créateurs, anciens de Douvdevan, l’unité d’élite de l’armée israélienne. Malgré les polémiques qu’elle a pu soulever, Fauda offre un point de vue sans concession sur le conflit israélo-palestinien et n’hésite pas à mettre sur la table des sujets difficiles.

 

False Flag (Israël, 2015-en cours)

Librement inspiré de l’assassinat du cadre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, en 2010, ce captivant thriller plonge dans les coulisses du renseignement de l’État hébreu entre les missions du Mossad à l’étranger et le travail du Shin Beth, le service responsable de la sécurité intérieure. L’enlèvement du ministre de la Défense iranien va être le point de départ d’un jeu de dupes qui happe le spectateur et ne le lâche plus. La mise en scène au cordeau d’Oded Ruskin apporte un rythme qui ne faiblit jamais. Cette captivante série d’espionnage a même eu le droit à une avant-première mondiale à la Berlinale en 2015. 

 

The Night Manager : L’Espion aux deux visages (Royaume-Uni, 2016)

Il est souvent difficile d’adapter en film les romans denses du romancier britannique John le Carré. Cette adaptation télévisuelle de son Directeur de nuit (publié en 1993) est certainement le canevas qu’il fallait pour réaliser cette parfaite série d’espionnage. Typiquement british, austère, lente et complexe, elle a été saluée par trois Golden Globes. Dans la veine de Tinker Tailor Soldier Spy (1979) avec Alec Guinness, les acteurs Hugh Laurie et Tom Hiddleston nous emportent au cœur de la machine le Carré dans un jeu d’échecs planétaire à la violence froide et cynique. Jonathan, ancien soldat britannique, directeur de nuit dans un hôtel de luxe recruté par les services secrets anglais, va en faire l’amère expérience.

 

Killing Eve (Royaume-Uni, 2018-2022)

Quand Phoebe Waller-Bridge se lance dans le thriller d’espionnage après avoir révolutionné la « romcom » avec Fleabag (2016), elle le fait avec sa touche si personnelle. Cette série féminine et féministe donne un nouveau coup de fouet au genre en installant un jeu du chat et de la souris mortel et sensuel entre une femme agent de bureau du MI5 et une tueuse psychopathe. Les quatre saisons, écrites par quatre scénaristes différentes, sont de qualité inégale, mais Sandra Oh et Jodie Comer forment un duo inclassable à la dynamique mordante tantôt sanglant, tantôt hilarant.

 

The Little Drummer Girl (Royaume-Uni, 2018)

Il est encore une fois question du Mossad, mais dans une autre adaptation de John le Carré en minisérie. La Petite Fille au tambour (publié en 1983) raconte les manipulations d’un maître-espion israélien pour tenter d’assassiner un terroriste palestinien caché en Europe. Réalisée par Park Chan-wook (Old Boy), portée par Florence Pugh, Alexander Skarsgård et Michael Shannon, la série, pensée comme un thriller géopolitique subtilement produit, n’hésite pas à brouiller les pistes, explorer les dilemmes moraux de ses personnages, le tout pour mieux briller dans l’art du suspense psychologique.