Mostra 2022 : Alice Diop doublement récompensée à Venise

Mostra 2022 : Alice Diop doublement récompensée à Venise

12 septembre 2022
Cinéma
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Alice Diop lors de son discours  à la Cérémonie de clôture de la Mostra de Venise.
Alice Diop lors de son discours à la Cérémonie de clôture de la Mostra de Venise. La Biennale di Venezia Twitter

La réalisatrice française a reçu le Lion d’argent et le Prix du premier film à la 79e Mostra de Venise pour sa première fiction Saint-Omer, tirée d’un fait divers. La documentariste Laura Poitras est, quant à elle, repartie avec le Lion d'or pour All the Beauty and the Bloodshed.


Après avoir brillé à la Berlinale 2021 avec son documentaire Nous, portrait de la France plurielle le long de la ligne B du RER, la cinéaste Alice Diop a été doublement récompensée à Venise pour son premier film de fiction. Samedi 10 septembre, lors de la cérémonie de clôture du festival, elle a été distinguée du Lion d’argent (Grand Prix du Jury) et le Lion du futur (Prix du premier film) pour son film de procès, Saint-Omer, inspiré d'un fait divers qui interroge le rapport à la maternité. Dans ce long métrage coécrit avec l’écrivaine Marie Ndiaye, elle revient sur l’histoire de Fabienne Kabou (renommée Laurence Coly dans le film), une mère condamnée pour la noyade de sa petite fille à Berck-sur-Mer en 2013. Présente lors du procès en 2016, Alice Diop a choisi d'insuffler une dimension mythologique à cette histoire d'infanticide, qu'elle métamorphose en « réécriture contemporaine du mythe de Médée ». Alice Diop exprime sa volonté de « sonder l'inexplicable mystère des mères » grâce à un récit complexe et anti-manichéen. 


Née en 1979 à Aulnay-sous-Bois, Alice Diop fait ses premiers pas de cinéaste en 2005 avec La Tour du monde, un documentaire dans lequel elle capture la diversité de son quartier natal. S'ensuivent de nombreux documentaires sur l'identité (Les Sénégalaises et la Sénégauloise, 2007), les aspirations de la jeunesse (La Mort de Danton, 2011) ou encore l'exil (La Permanence, 2016). En 2017, elle remporte le César du meilleur court métrage pour Vers la tendresse, un projet centré sur la vie intime de quatre jeunes banlieusards, entre pudeur et bouleversantes confidences. Son engagement militant s'exprime également à travers son combat contre les violences policières et sa participation au collectif 50/50 qui œuvre à une meilleure représentation des femmes et des minorités dans le milieu du cinéma.

Laura Poitras au sommet 

De son côté, la cinéaste américaine Laura Poitras a remporté le Lion d'or pour son documentaire All the Beauty and the Bloodshed. Après s'être penchée sur les conséquences de l'occupation américaine en Irak dans My Country, My Country (2006) et la surveillance mondiale généralisée dans Citizenfour (2014), Laura Poitras filme le combat de la photographe Nan Goldin contre un géant pharmaceutique impliqué dans la crise des opioïdes. Le prix d’interprétation féminine a été décerné à Cate Blanchett pour sa prestation de cheffe d‘orchestre renommée dans Tár de Todd Field, tandis que celui du meilleur acteur est revenu à Colin Farrell pour son rôle dans Les Banshees d’Inisherin de Martin McDonagh. Signé du réalisateur de Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (2017), ce long métrage autour d’une histoire d'amitié vacillante est aussi reparti avec le Prix du meilleur scénario. Le road-movie romantico-horrifique de Luca Guadagnino, Bones and All, a également reçu deux prix : celui de la meilleure réalisation et celui du meilleur espoir pour l'actrice Taylor Russell.

Le palmarès complet

Compétition officielle

Lion d’or
All the Beauty and the Bloodshed, de Laura Poitras (États-Unis)

Lion d’argent – Grand Prix du Jury
Saint Omer, d’Alice Diop (France)

Lion d’argent du meilleur réalisateur
Luca Guadagnino pour Bones and All (Italie, États-Unis)

Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine
Cate Blanchett, dans Tár de Todd Field (États-Unis)

Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine
Colin Farrell, dans Les Banshees d’Inisherin de Martin McDonagh (Irlande, Royaume-Uni, États-Unis)

Prix du meilleur scénario
Martin McDonagh pour Les Banshees d’Inisherin (Irlande, Royaume-Uni, États-Unis)

Prix spécial du jury
No Bears de Jafar Panahi (Iran)

Prix « Marcello Mastroianni » pour la révélation
Taylor Russell, dans Bones and All de Luca Guadagnino (Italie, États-Unis)

Lion du futur – Prix « Luigi De Laurentiis » du Meilleur premier film
Saint-Omer, de Alice Diop (France)

Orizzonti

Prix du meilleur film
Jang-e Jahani Sevom (World War III) de Houman Seyedi (Iran)

Prix de la meilleure réalisation
Tizza Covi et Rainer Frimmel pour Vera (Autriche)

Prix spécial du jury
Chleb i Sól de Damian Kocur (Pologne)

Prix de la meilleure actrice
Vera Gemma, dans Vera de Tizza Covi et Rainer Frimmel (Autriche)

Prix du meilleur acteur
Mohsen Tanabandeh, dans Jang-e Jahani Sevom (World War III) de Houman Seyedi (Iran)

Prix du meilleur scénario 
Fernando Guzzoni pour Blanquita (France, Chili, Mexique, Luxembourg, Pologne)

Prix du meilleur court métrage
Snow in September de Lkhagvadulam Purev-Ochir (France/Mongolie)

Venice Short film nomination for the European Film Awards 2022
Snow in September de Lkhagvadulam Purev-Ochir (France/Mongolie)

Venice Classics 

Meilleur documentaire sur le cinéma
Fragments of Paradise de KD Davison (États-Unis)

Meilleur film restauré
Branded to Kill, de Suzuki Seijun (Japon)

Venice Immersive

Meilleure expérience
The Man Who Couldn’t Leave de Chen Singing (Taïwan)

Grand prix du jury
From the Main Square de Petro Harres (Allemagne)

Prix spécial du jury
Eggscape, de German Heller (Argentine)

Les soutiens du CNC 

Saint-Omer d'Alice Diop
Avance sur recettes avant réalisation
Aide au développement d'œuvres cinématographiques de longue durée
Aide au programme 2022 (aide à la distribution)
Aide au développement - Centre Val de Loire
Aide à l'écriture - Nouvelle-Aquitaine
Aide à la production et aide à l'écriture - Hauts-de-France

Blanquita de Fernando Guzzoni
Aide aux cinémas du monde (avant réalisation)