Créés en 1951, les prix Jean Vigo ont pour ambition de récompenser l’indépendance d’esprit, la qualité et l’originalité des cinéastes vus comme des auteurs d’avenir. À bout de souffle de Jean-Luc Godard, L’Enfance nue de Maurice Pialat, N’oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois, Un poison violent de Katell Quillévéré ou encore Saint Omer d’Alice Diop y ont été distingués au fil des décennies.
Après Louise Hémon pour L’Engloutie en 2025, le jury de professionnels (Stéphane Batut, Catherine Bizern, Agathe Bonitzer, Julie Duclos, Leïla Férault, Charlotte Garson, Alain Keit, Jacques Kermabon, Guslagie Malanda, Quentin Mével, Rosalie Varda et Gérard Vaugeois) a primé deux longs métrages ex aequo : Voilà, c’est fini de Gustave Kervern et L’Inconnue d’Arthur Harari.
Voilà, c’est fini est la première réalisation de Gustave Kervern sans son acolyte Benoît Delépine. Cette comédie dramatique, aidée par l’avance sur recettes avant réalisation, raconte l’histoire d’amour entre une touriste française et un Réunionnais.
L’Inconnue d’Arthur Harari a été présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes. Ce thriller fantastique accompagné également par l’avance sur recettes avant réalisation mais aussi l’aide au développement de projets d’œuvres cinématographiques de longue durée est adapté du roman graphique Le Cas David Zimmerman, co-écrit par Arthur et Lucas Harari.
Le prix du court métrage est revenu à Saïd Hamich Benlarbi pour son film À la recherche de l’oiseau gris aux rayures vertes, présenté à la Quinzaine des Cinéastes au dernier Festival de Cannes. Ce docu-fiction retrace le voyage d’un homme au Maroc, à la poursuite d’un mystérieux oiseau.
Enfin, après Wang Bing en 2025, Elia Suleiman en 2024 ou encore Claire Denis en 2021 et Agnès Varda en 2012, le Vigo d’honneur a été décerné au cinéaste franco-sénégalais Alain Gomis (Aujourd’hui, Félicité, Dao…). Le jury a souligné son travail construit sur « des trajectoires qui se croisent entre la France et l’Afrique, cherchant une forme de vérité dans le déracinement et la quête de soi ». Alain Gomis est également à l’origine du Centre Yennenga créé à Dakar en 2018, un espace de création et de transmission du cinéma en Afrique de l’Ouest.