Quelle est l’histoire de Virginie Films ?
Virginie Lacombe : Je n’ai pas de cursus cinéma, donc c’est en autodidacte que j’ai intégré le milieu, en commençant par accompagner des courts métrages. J'ai fondé ma société en 2012 en produisant mon premier long métrage, Le Fils de l’autre de Lorraine Lévy. J’ai continué à développer des projets indépendants, essentiellement en fiction, même si j’ai coproduit le docu-fiction Faith Connections de Pan Nalin (2014). Après une période de films d’auteurs français, j’ai eu l’opportunité de m’engager en coproduction avec le Canada pour Mobile Homes de Vladimir de Fontenay (2018), qui a, entre autres, été présenté à la Quinzaine des Cinéastes 2017. Collaboratrice sur ce film, Danielle Lessovitz m’a alors proposé Port Authority (2019). Ce fut une aventure riche, coproduite aux côtés de Martin Scorsese, pour laquelle nous avons obtenu l’Aide aux cinémas du monde, avant de la porter jusqu’à Un Certain Regard en 2019. Avec ces deux projets, j’ai pris goût au développement de longs métrages internationaux, tout en poursuivant en parallèle l’accompagnement de films français, dont deux sont actuellement en financement. Je n’ai pas de genre de prédilection : ce qui m’anime, c’est permettre au public de découvrir de belles histoires.
Pourquoi avez-vous récemment élargi vos activités à la distribution en salles ?
Au début des années 2020, j’ai coproduit Valensole 1965 (2025), que le réalisateur Dominique Filhol avait commencé à tourner seul. Un projet entièrement financé avec de l’argent privé et pour lequel nous n’avons pas trouvé de distributeur. En accord avec l’équipe, nous avons décidé de le sortir nous-mêmes, obtenant auprès du CNC notre numéro de distributeur et sollicitant Yann Vidal pour gérer la programmation en salles. Avoir la possibilité de rencontrer et d’échanger davantage avec les exploitants lors des tournées m’a vraiment plu ! Et il se trouve que j’avais un autre film sans distributeur : Tommy Guns.

Il s’agit donc de ma deuxième sortie, avant celle, programmée le 14 octobre, de Solo Mamma du Norvégien Janicke Askevold, avec notamment Herbert Nordrum (Julie en 12 chapitres), dont je ne suis pas productrice. Tous les futurs titres distribués par Virginie Films ne seront pas obligatoirement (co)produits par la société : l’idée est d’accompagner des œuvres qui nous plaisent, au rythme de trois sorties annuelles, même si le hasard fait que cette nouvelle activité a démarré avec deux coproductions « maison ».
Comment s’est déroulée l’aventure Tommy Guns ?
J’ai rejoint ce projet porté par la société portugaise Terratreme Filmes comme coproductrice minoritaire. Le sujet – le conflit colonial entre l’Angola et le Portugal – était fort et le cinéaste Carlos Conceição en proposait une vision esthétique intéressante. Nous avons retravaillé le scénario, puis obtenu l’Aide aux cinémas du monde. Suivi à distance, le tournage s’est déroulé au Portugal et en Angola, puis la post-production a été essentiellement réalisée en France, le mixage son avec Purple Sound et le traitement image avec Titra Films, entre autres. Sélectionné à Locarno en 2022, Tommy Guns y a obtenu le prix Europa Cinemas. Pour autant, aucun distributeur n’a souhaité s’engager et, pour moi, la messe était dite. C’est seulement en début d’année, forte de l’expérience de Valensole 1965, que j’ai choisi de l’autodistribuer, préparant d’abord une sortie technique, avant d’opter pour une distribution plus large. Après quatre ans dans l’ombre, je suis fière que ce film puisse enfin rencontrer son public.
TOMMY GUNS
Réalisation et scénario : Carlos Conceição
Production : Terratreme Filmes
Coproduction : Virginie Films
Distribution : Virginie Films
Ventes internationales : Wide
Sortie le 29 Juillet 2026
Soutiens sélectifs du CNC : Aide aux cinémas du monde avant réalisation