Avec 14 films en sélection, l’animation française arrive en force à Annecy

Avec 14 films en sélection, l’animation française arrive en force à Annecy

15 juin 2026
Cinéma
Festival International du Film d’Animation à Annecy
Festival International du Film d’Animation à Annecy Festival International du Film d’Animation à Annecy

À quelques jours de son ouverture le 21 juin, le Festival International du Film d’Animation à Annecy affiche une programmation qui témoigne de la vitalité d’un secteur en pleine effervescence, spécialement pour la France.


Avec 44 longs métrages sélectionnés, représentant 26 pays, l’édition 2026 du Festival International du Film d’Animation confirme le dynamisme mondial de l’animation. Mais un pays se distingue particulièrement cette année : la France. Présente à travers quatorze longs métrages de la sélection officielle, elle s’impose comme l’un des moteurs de la création animée contemporaine.

Cette forte représentation s’inscrit dans une année particulièrement favorable pour l’animation hexagonale, portée à la fois par le succès public de plusieurs œuvres récentes, la reconnaissance internationale de ses studios et une nouvelle génération d’auteurs qui continue d’élargir les frontières du médium.

 

Six longs métrages en Compétition

Au sein de la compétition officielle des longs métrages, six des onze films en lice pour le Cristal du long métrage sont des productions ou coproductions françaises. Un chiffre particulièrement élevé, qui illustre la place centrale occupée par la France dans le paysage mondial de l’animation. 

Carmen, l’oiseau rebelle, réalisé par Sébastien Laudenbach
Après le succès critique de Linda veut du poulet !, le réalisateur revient avec une adaptation libre du mythe de Carmen. Produit par Folivari et La Garde Montante Film, le projet confirme la place singulière de Laudenbach dans l’animation française contemporaine. Le film a bénéficié de l’Avance sur recettes avant réalisation, des Aides aux techniques d'animation (ATA), au développement d’œuvres cinématographiques de longue durée et à la création de musiques originales, mais également du soutien du département de la Charente en partenariat avec le CNC et la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le Corset, réalisé par Louis Clichy
Le réalisateur nous entraîne dans la campagne française et nous rappelle que Stéphanie de Monaco a déjà été chanteuse. Cette coproduction franco-belge par Eddy Cinéma est décrite par le délégué artistique Marcel Jean comme « un récit tout en finesse, autant dans le ton que dans l’esthétique ». Le projet a été accompagné par le département de la Charente, la région Centre-Val de Loire - CICLIC et le CNC. Il a bénéficié de l’Avance sur recettes avant réalisation, les Aides au développement d’œuvres cinématographiques de longue durée, aux techniques d'animation (ATA) et à la distribution

Le Dossier de l’aube, réalisé par Rupert Wyatt et Émilie Phuong
Produit par Superprod et Mélusine Productions, le film revient sur les actions de Serge et Beate Klarsfeld dans leur traque de Klaus Barbie, preuve que l’animation continue d’explorer des sujets historiques et mémoriels ambitieux. Le long métrage a été aidé aux techniques d'animation (ATA).

In Waves, réalisé par Phuong Mai Nguyen
Adapté du roman graphique d’A.J. Dungo, le film raconte une histoire d’amour bouleversante sur fond de culture surf. Accompagné aux techniques d'animation (ATA), produit notamment par Silex Films, France 3 Cinéma et Charades Productions, il poursuit le dialogue fécond entre bande dessinée et animation. 

Lucy Lost, réalisé par Olivier Clert
Cette adaptation du roman de Michael Morpurgo est produite par Xilam. Bénéficiaire des Aides aux techniques d'animation (ATA) et à la création de musiques originales, présenté comme le film le plus familial de la compétition, il confirme la capacité du studio français à naviguer entre productions destinées au jeune public et œuvres d’auteur.

We Are Aliens, réalisé par Kohei Kadowaki
Cette coproduction franco-japonaise, avec notamment Miyu Productions, autour des retrouvailles de deux amis d’enfance, complète une compétition où les savoir-faire français dialoguent avec des partenaires du monde entier.

Festival International du Film d’Animation à Annecy
Festival International du Film d’Animation à Annecy Randall Finnerty

Une présence qui traverse les sélections

La domination française ne se limite pas à la course au Cristal. Dans l’ensemble de la sélection officielle, Annecy recense quatorze longs métrages battant pavillon français, un chiffre inédit qui témoigne de l’attractivité du modèle hexagonal de production et de coproduction.

La présence française se retrouve également dans les sections parallèles. Dans la sélection « Contrechamp », la France est ainsi représentée par Blaise de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue (Avance sur recettes avant réalisation, Aide au développement d’œuvres cinématographiques de longue durée), mais également Muyi, la légende du village des femmes de Julien Chheng produit au studio La Cachette (Soutien au scénario, Aide au développement d’œuvres cinématographiques de longue durée) ou la coproduction franco-japonaise A New Dawn réalisée par Yoshitoshi Shinomiya. Dans la section « Annecy Présente », destinée à mettre en lumière les films à venir, on retrouve notamment La Fille dans les nuages de Philippe Riche, coproduit entre la France et la Belgique, et soutenu par le CNC via l’Aide aux techniques d'animation (ATA).

Cette présence se retrouve également dans les compétitions de courts métrages, avec quinze oeuvres françaises dont neuf aidées par le CNC parmi lesquelles Dieu est timide de Jocelyn Charles (Remembers) aidée aux techniques d'animation (ATA), au développement du FAIA et à l’audiovisuelle (AVR3) ou Fille de l’eau de Sandra Desmazières (Caïmans productions), bénéficiaire de l’Aide aux techniques d'animation (ATA) et de l’Aide avant réalisation autres films (AVR2). Même constat du côté des films de télévision - sept programmes français, tous accompagnés par les aides du CNC, à l’image du Chant des orages de Caroline Attia (Sacrebleu Productions) aidé au programme (développement) et au FSA (production) - et des films de fin d'études. Trois secteurs dans lesquels les écoles françaises jouent notamment un rôle majeur.

Au-delà des films eux-mêmes, les professionnels français occupent également une place importante dans les jurys et les événements du Festival. La réalisatrice Maïlys Vallade siègera au jury des longs métrages de la compétition officielle, tandis que la réalisatrice Lola Lefèvre participera à celui de la section « Contrechamp ». Pierre Coffin, créateur des Minions, viendra quant à lui présenter le dernier opus de la saga en ouverture du Festival, rappelant le lien étroit entre la France et l’animation américaine à travers Illumination Studios Paris.

Une année charnière pour l’animation française

Cette présence exceptionnelle à Annecy intervient dans un contexte particulièrement favorable. Ces dernières années, l’animation française a multiplié les succès critiques et publics. Les nominations aux Oscars pour Arco d’Ugo Bienvenu et Amélie et la métaphysique des tubes réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, ou encore l’accueil réservé à des œuvres comme Flow, coproduit avec la France, et sacré Meilleur film d’animation aux Oscars en 2025, ont contribué à renforcer la visibilité du secteur.

En parallèle du Festival, le Marché International du Film d’Animation (MIFA) réunira comme chaque année plusieurs milliers de professionnels venus du monde entier. Producteurs, studios, diffuseurs, plateformes et écoles françaises y occuperont une place centrale. Le MIFA est devenu, au fil des années, l’un des principaux lieux de financement, de coproduction et de circulation des projets d’animation à l’échelle mondiale. La forte représentation des sociétés hexagonales témoigne du rôle structurant joué par la France dans cet écosystème, capable d’accompagner les œuvres de l’écriture jusqu’à leur diffusion internationale.

Cité internationale du cinéma d'animation
Cité internationale du cinéma d'animation www.citeanimationannecy.com

Annecy change d’échelle

L’édition 2026 marque également un tournant pour le Festival lui-même. L'ouverture de la Cité internationale du cinéma d'animation vient consacrer cette dynamique. Pensée comme un lieu permanent de diffusion, d'exposition et de transmission, elle illustre l'ambition française de faire de l'animation non plus seulement un secteur d'excellence, mais un véritable patrimoine culturel.

Annecy affirme plus que jamais son ambition de devenir une capitale mondiale de l’animation à l’année. Comme le souligne Mickaël Marin, directeur général de CITIA et du Festival, l’événement passe « du temps fort à la permanence, d’un rendez-vous à un lieu ».

Dans ce contexte, la forte présence hexagonale prend une dimension particulière : elle témoigne non seulement de la qualité des œuvres produites aujourd’hui, mais aussi de la capacité du secteur à se renouveler tout en conservant une identité forte. Une situation qui confirme que l’animation française traverse actuellement l’une des périodes les plus fécondes de son histoire récente.