Festival d’Annecy : dix Cristal emblématiques

Festival d’Annecy : dix Cristal emblématiques

17 juin 2022
Cinéma
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Porco Rosso d'Hayao Miyazaki
Porco Rosso d'Hayao Miyazaki Studio Ghibili - DR - T.C.D

Chaque année, le Festival international du film d’animation d’Annecy récompense le meilleur de l’animation mondiale, preuve de la diversité et la créativité du secteur. À l’occasion de l’édition 2022, retour sur dix films ayant remporté la récompense suprême, le Cristal du long métrage.


Porco Rosso de Hayao Miyazaki (cristal du long métrage 1993)

Années 90. Alors que l’animation japonaise n’a pas encore été totalement adoubée en Occident, Hayao Miyazaki frappe un grand coup avec cette fable qui raconte les combats d’un cochon antifasciste écumant le ciel à bord d’un hydravion rouge. Épique, sublime et métaphysique. Le monde entier comprend immédiatement que l’avenir de l’animation se joue dorénavant aussi au pays du Soleil levant.

 

Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot (cristal du long métrage 1999)

Un premier film d'animation inspiré d'un conte africain avec des personnages à moitié nus ? À l'époque, personne n'y a cru, et Michel Ocelot a dû se battre pour imposer sa vision et mener à bien ce film à l'inspiration et au design réussis. Devenu culte avec les années, ce long métrage qui triompha à Annecy marque surtout la naissance d'une troisième voie entre la vague des dessins animés américains et les œuvres japonaises. Le made in France venait de trouver son ambassadeur.

Soutien du CNC : Avance sur recettes avant réalisation.

 

Les Mutants de l’espace de Bill Plympton (cristal du long métrage 2001)

Un film surréaliste signé par le trublion Bill Plympton, qui est autant une parodie d’Independence Day (Roland Emmerich, 1996) qu’un Mars Attacks ! (Tim Burton, 1996) animé. Avec son style crayonné et anguleux, le réalisateur tourne en dérision la conquête de l’espace, en se payant au passage l’establishment et le libéralisme yankee. Surréaliste, furieux. En un mot : du jamais-vu.

 

Renaissance de Christian Volckman (cristal du long métrage 2006)

Pari fou à une époque où la 3D et la motion capture étaient balbutiantes, Renaissance ose l’innovation technologique avec ce polar d’anticipation qui convoque autant Metropolis (Fritz Lang, 1927) que Blade Runner (Ridley Scott, 1982). Christian Volckman allie pari technique et cinéma grand spectacle, jamais très loin du jeu vidéo. Un manifeste de l’animation tricolore resté bizarrement sans héritier.

Soutien du CNC : Avance sur recettes avant réalisation.

 

Coraline de Henry Selick (cristal du long métrage 2009, ex aequo avec Mary et Max d’Adam Elliot)

Déclaration d’amour à la culture gothique et aux films d’animation des pays de l’Est, Coraline subjugue par son sens du détail et sa créativité : une dose de Lewis Carroll, un soupçon de G.K. Chesterton et surtout, un style brut et terrifiant. Henry Selick, partenaire de Tim Burton, prouvait là que le cinéma d’animation américain pouvait encore concilier radicalité artistique et visions adultes. Au point de marquer toute une génération de spectateurs qui l’ont vu trop jeunes.

 

Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson (cristal du long métrage 2010)

En 2009, Wes Anderson passe à l’animation avec cette adaptation d’une nouvelle de Roald Dahl. Comme les productions en volume de Tim Burton, Mr. Fox synthétise toute l’œuvre et toutes les thématiques de l’auteur de La Vie aquatique. Très éloignée des canons hollywoodiens, son esthétique paraît plus marquée par les grands maîtres russes et doit également beaucoup à Jacques Tati. Une fable parsemée de références musicales et cinéphiliques « pop », rappelant que l’animation peut aussi être un terrain de jeu alternatif pour les plus grands cinéastes live.

 

Ma vie de courgette de Claude Barras (cristal du long métrage 2016)

Sur un scénario de Céline Sciamma, qui adapte ici le roman Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris, le réalisateur d’animation suisse Claude Barras regarde le monde à hauteur d’enfant. Un film dur et tendre, poétique et social, sur l’abandon, capable de faire oublier la complexité de son dispositif et de distiller de l’émotion brute à travers ses marionnettes filmées en stop motion.

Soutien du CNC : Avance sur recettes avant réalisation .

 

J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin (cristal du long métrage 2019)

Une main coupée déambule à travers la ville à la recherche de son corps d’origine, celui d’un jeune Marocain timide, installé à Paris après être devenu orphelin. De cette idée, absurde sur le papier, Jérémy Clapin tire de son premier long métrage une balade singulière entre agitations frénétiques et passages oniriques. Pour mener à bien ce projet fou, le cinéaste a pu compter sur sa vision inébranlable et sur la détermination sans faille de son producteur Marc du Pontavice. Un pari réussi accueilli par une pluie de récompenses : du Grand prix de la Semaine de la Critique au César du meilleur long métrage d’animation, en passant par le prestigieux Cristal du long métrage à Annecy.

Soutiens du CNC : Avance sur recettes après réalisation, Aide au développement de projets de long métrage, Aide à la création de musique de film, Aide sélective à la distribution (aide au programme), Aide à la création visuelle ou sonore (CVS).

 

Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé (cristal du long métrage 2020)

Un western animé féministe, c’est chose rare ! Cela rend la proposition du deuxième long métrage de Rémi Chayé d’autant plus précieuse. Entre légende et réalité historique, le film évoque de manière romanesque les origines de Calamity Jane, l’héroïne de l’Ouest américain. À partir du mythe, Rémi Chayé renverse les codes établis et livre un récit d’émancipation féminine et d’identité de genre doublé d’une exploration des grandes plaines américaines et des montagnes Rocheuses.

Soutiens du CNC : Avance sur recettes avant réalisationAide au développement d’œuvres cinématographiques de longue durée, Aide à la création visuelle ou sonore (CVS) Aide à la création de musiques originalesAide sélective à la distribution (aide au programme).

 

Flee de Jonas Poher Rasmussen (cristal du long métrage 2021)

Ce documentaire d’animation aborde frontalement la question migratoire, tout en suivant un fil intimiste. Le spectateur y découvre le destin mouvementé d’Amin, un Afghan forcé de quitter son pays à l’arrivée au pouvoir des moudjahidine. Mêlant animation et images d’archives en prises de vues réelles, le film navigue entre les époques et les événements de la vie de son protagoniste, de son exil à son travail d’universitaire au Danemark, en passant par les périls de sa famille en Russie et son mariage avec l’homme de sa vie. Au fur et à mesure de l’avancée du film, un lien puissant se crée avec Amin dont le cinéaste préserve l’intimité par le prisme de l’animation.

Soutien du CNC : Aide à la production audiovisuelle.