Festival d’Annecy : sept Cristal d’or emblématiques

Festival d’Annecy : sept Cristal d’or emblématiques

11 juin 2020
Cinéma
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Porco Rosso d'Hayao Miyazaki
Porco Rosso d'Hayao Miyazaki Studio Ghibili - DR - T.C.D
Festival d’animation de renommée mondiale, Annecy doit cette année s’adapter à la crise du Covid-19 et organiser son édition 2020 intégralement en ligne, du 15 au 30 juin. C’est l’occasion de regarder le chemin parcouru par ce festival et de revenir sur quelques grands films ayant remporté la récompense suprême, le Cristal d’or.

Porco Rosso de Hayao Miyazaki (cristal du long métrage 1993)

Années 90. Alors que l’animation japonaise n’a pas encore été totalement adoubée en Occident, Hayao Miyazaki frappe un grand coup avec cette fable qui raconte les combats d’un cochon antifasciste écumant le ciel à bord d’un hydravion rouge. Épique, sublime et métaphysique. Le monde entier comprend immédiatement que l’avenir de l’animation se jouera dorénavant aussi au pays du Soleil levant.

 

Les mutants de l’espace de Bill Plympton (cristal du long métrage 2001)

Un film surréaliste signé par le trublion Bill Plympton, qui est autant une parodie d’Independence Day qu’un Mars Attacks ! animé. Avec son style crayonné et anguleux, le réalisateur tourne en dérision la conquête de l’espace, en se payant au passage l’establishment et le libéralisme yankee. Surréaliste, furieux. En un mot : du jamais-vu.

 

Renaissance de Christian Volckman (cristal du long métrage 2006)

Pari fou à une époque où la 3D et la motion capture étaient balbutiantes, Renaissance ose l’innovation technologique avec ce polar d’anticipation qui convoque autant Metropolis que Blade Runner. Christian Volckman allie pari technique et cinéma grand spectacle, jamais très loin du jeu vidéo. Un manifeste de l’animation tricolore resté bizarrement sans héritier.

 


Coraline de Henry Selick (cristal du long métrage 2009, ex aequo avec Mary et Max d’Adam Elliot)

Déclaration d’amour à la culture gothique et aux films d’animation des pays de l’Est, Coraline subjugue par son sens du détail et sa créativité : une dose de Lewis Carroll, un soupçon de G.K. Chesterton et surtout, un style brut et terrifiant. Henry Selick, partenaire de Tim Burton, prouvait là que le cinéma d’animation américain pouvait encore concilier radicalité artistique et visions adultes. Au point de marquer toute une génération de spectateurs qui l’ont vu trop jeunes.

 

Ma vie de courgette de Claude Barras (cristal du long métrage 2016)

Sur un scénario de Céline Sciamma, qui adapte ici le roman Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris, le réalisateur d’animation suisse Claude Barras regarde le monde à hauteur d’enfant. Un film dur et tendre, poétique et social, sur l’abandon, capable de faire oublier la complexité de son dispositif et de distiller de l’émotion brute à travers ses marionnettes filmées en stop motion.

 

Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson (cristal du long métrage 2010)

En 2009, Wes Anderson passe à l’animation avec cette adaptation d’une nouvelle de Roald Dahl. Comme les productions en volume de Tim Burton, Mr. Fox synthétise toute l’œuvre et toutes les thématiques de l’auteur de La Vie aquatique. Très éloignée des canons hollywoodiens, son esthétique paraît plus marquée par les grands maîtres russes et doit également beaucoup à Jacques Tati. Une fable parsemée de références musicales et cinéphiliques « pop », rappelant que l’animation peut aussi être un terrain de jeu alternatif pour les plus grands cinéastes live.


Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot (cristal du long métrage 1991)

Un premier film d'animation inspiré d'un conte africain avec des personnages à moitié nus ? À l'époque, personne n'y a cru, et Michel Ocelot a dû se battre pour imposer sa vision et mener à bien ce film à l'inspiration et au design réussis. Devenu culte avec les années, ce long métrage qui triompha à Annecy marquait surtout la naissance d'une troisième voie entre la vague des dessins animés américains et les œuvres japonaises. Le made in France venait de trouver son ambassadeur.